La BoE dégrade ses perspectives d'inflation à horizon six mois

le 13/11/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

A la suite de la baisse de ses perspectives d'inflation sous le seuil de 1%, les marchés anticipent désormais une première hausse des taux fin 2015.

La BoE douche à nouveau les attentes d’une remontée à brève échéance de ses taux directeurs. Dans son rapport d’inflation trimestriel publié hier, l’autorité britannique s’attend à une poursuite de la baisse de l’inflation sous le seuil symbolique de 1% dans les six prochains mois. Elle est déjà tombée à 1,2% le mois dernier, son plus faible niveau depuis 5 ans.

S’il s’est repris depuis son plancher de 2,56% atteint mi-octobre, le point des obligations indexées à 10 ans affiche toujours une baisse de 40 pb depuis le début de l’année, à 2,72%. «La révision à la baisse des projections d’inflation est substantielle», estime BNP Paribas.

Une baisse jugée néanmoins «temporaire» par la BoE et attribuée à la chute des prix énergétiques et alimentaires, ainsi qu’à celle des autres produits importés suite à l’appréciation de la livre entre l’été 2013 et l’été dernier et à la faiblesse des prix en zone euro. L’autorité ajoute que «sous l’hypothèse d’une hausse graduelle des taux juste sous les 2%, avec l’absorption des capacités inutilisées dans l'économie et la résorption des effets de prix extérieurs, une reprise de la croissance des salaires devrait permettre à l’inflation de revenir vers sa cible de 2%» fin 2016.

La croissance du PIB au Royaume-Uni devrait d’ailleurs rester solide à 2,9% en 2015 et 2,6% en 2016, et le rapport d’emploi montre déjà une accélération de la hausse des salaires hors bonus à un rythme annuel de 1,3% sur les trois mois achevés fin septembre, après 0,9% fin août. Si le taux de chômage est resté stable à 6%, c’est la première fois que la hausse des salaires dépasse celle de l’inflation depuis mi-2009, et atteint même un rythme de 1,6% dans le secteur privé, après 1,2% en août. Un niveau toutefois encore insuffisant pour la BoE.

Avec un recul du taux implicite dérivés des contrats short sterling d’échéance juin 2015 de 63 pb depuis son plus haut enregistré en juin, et de 78 pb sur l’échéance décembre 2015, les marchés ont d'ailleurs décalé d’un trimestre à fin 2015 leurs anticipations du premier resserrement des taux.

La compression du spread entre le rendement des Gilts britanniques à 2 ans et celui des Treasuries américains de 34 pb depuis juillet, à 10 pb, au plus bas depuis novembre 2013, a permis à la livre de reculer de 8,2% contre dollar depuis son point haut de juillet. Une tendance qui devrait perdurer et soutenir l’inflation, selon Citigroup.

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