La BCE réfléchit à de nouvelles mesures

le 07/11/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Elle pourrait renforcer encore l'assouplissement des conditions monétaires dans la zone euro.

Le président de la BCE, Mario Draghi, veut augmenter sa taille de bilan de 1.000 milliards d’euros. © European Union 2014 EP

La Banque centrale européenne (BCE) réfléchit à l’étape d’après. Non content d’avoir créé la surprise en annonçant un programme d’achats de titrisations et d’obligations sécurisées en septembre dernier, le conseil des gouverneurs a chargé les équipes de la BCE et les comités de l’Eurosystème de réfléchir à de nouveau moyens de faire face à la faiblesse de l’inflation. Le président de la BCE, Mario Draghi, s’est montré déterminé à augmenter la taille du bilan de l’institution de 1.000 milliards d’euros.

L'euro/dollar baissait à 1,239 après les annonces faites hier. Elles sont d’autant plus marquantes qu’un article de Reuters publié en début de semaine faisait état de dissensions au sein du Conseil des gouverneurs de la BCE. Selon l’agence, des membres du Conseil souhaitaient que Mario Draghi agisse de manière plus collégiale. Il était notamment reproché au président d’avoir donné trop indications sur le niveau d’augmentation du bilan souhaité par la BCE avec les nouveaux programmes d'achats d’actifs.

Devant les journalistes hier, Mario Draghi a minimisé l’importance des divergences au sein du Conseil et nié l’existence d’un clivage entre les pays du Nord et du Sud de l'Europe. Pour dissiper les inquiétudes, tous les membres du Conseil ont signé les remarques d’introduction de la conférence du président. «L’intervention de Mario Draghi a été l’occasion de clarifier, ce qui était bienvenu, que la cohésion de la BCE n’est pas menacée par des débats internes», souligne l’économiste de Crédit Agricole CIB, Frederik Ducrozet.

Les remarques introductives précisent que les opérations de refinancement ciblées sur l’économie réelle (TLTRO) ainsi que les programmes d’achats de titrisations et d’obligations sécurisées auront «un impact significatif sur le bilan qui devrait retrouver la taille qu’il avait au début de 2012». Mario Draghi a ajouté qu’il s’agissait d’atteindre la taille du bilan de mars 2012. Sachant qu’elle était alors de 3.000 milliards d’euros, le bilan devrait croître de 1.000 milliards. Le président de la BCE a précisé que des achats d’obligations d’entreprises n’avaient pas été discutés au sein du Conseil et s’est dit plusieurs fois «confiant» dans la capacité des mesures déjà annoncées à produire leurs effets.

Le Conseil des gouverneurs a cependant affirmé qu’il était «unanimement prêt à utiliser de nouveaux instruments de politique non conventionnelle s’il devenait nécessaire de s’attaquer encore plus aux risques d’une période de faible inflation trop prolongée». Il ajoute surtout qu’il a chargé les équipes de la BCE et les comités de l’Eurosystème «d’assurer à temps la préparation de nouvelles mesures, si besoin».

 

«Nous sommes plus confiants dans le fait que de nouvelles mesures seront prises dans les prochains mois», réagit Guillaume Menuet, économiste chez Citi. «La porte est maintenant largement ouverte pour un QE (assouplissement quantitatif)», écrit-il. «Selon toute probabilité, des nouveaux achats concerneraient des obligations d’entreprises non financières, alors qu’un QE souverain semble rester hors des radars», écrit Marco Valli, économiste chez UniCredit. L’économiste de RBS, Richard Barwell, estime que la BCE pourrait, en plus de lancer des achats d'obligations d'entreprises, assouplir les règles de fonctionnement des TLTRO.

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