Une hausse des taux risque de peser sur le marché immobilier en 2015

le 29/10/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les acquéreurs y seraient d'autant plus sensibles que les prix de l'immobilier résidentiel en France ont peu baissé, selon le Crédit Agricole.

Une hausse des taux longs, même très graduelle, pourrait peser sur les ventes et les prix du marché immobilier résidentiel français l’année prochaine, met en garde la recherche économique du Crédit Agricole dans une note publiée hier.

La banque pense que le mouvement de correction entamé par le marché immobilier depuis la crise devrait se poursuivre «à un rythme lent» l’année prochaine, avec une baisse des prix estimée à 2% dans l'ancien en 2015. Cependant, même une stabilisation des taux pourrait avoir «un effet psychologique négatif» pour les acquéreurs, souligne l’économiste du Crédit Agricole, Olivier Eluère. Aujourd’hui, la baisse des taux des crédits à l'habitat (à 3,2% en moyenne en 2013 pour un crédit à long terme et à taux fixe), compense en partie la faible baisse des prix de l’immobilier résidentiel qui devient de moins en moins accessible aux primo-accédants. Une baisse de 100 points de base du taux de crédit à l’habitat équivaut en théorie à une baisse des prix immobiliers de 8% pour l'acquéreur.

La faiblesse des crédits à l’habitat en 2014 a d’ailleurs permis, avec la forte demande de logements liée au dynamisme démographique et au désir d’accession à la propriété, la résistance du marché immobilier à la croissance nulle et à la montée du chômage. Sur un an, le nombre de ventes dans l’ancien avait augmenté de 8% en août. Par rapport aux points hauts de 2006 et 2007, il n’a reculé que de 9%. Quant aux prix, ils n’étaient en recul que de 1,3% sur un an au deuxième trimestre. Depuis le début du mouvement de correction à la fin de 2011, la baisse cumulée des prix dans l’ancien n’est que de 6%, alors qu’entre 1998 et 2011 la hausse a été de 150%.

Le marché de l’immobilier résidentiel neuf souffre plus, notamment en raison de la baisse des avantages fiscaux accordés aux investisseurs. Au premier semestre, les ventes ont reculé de 8% sur un an et la baisse cumulée des ventes de logement par des promoteurs entre 2007 et début 2014 est de 32%. En dépit d’un stock élevé de logements neufs, les prix sont restés stables pour les appartements (-0,8% sur un an) et ont augmenté pour les maisons (+2,8%) au deuxième trimestre.

Le gouvernement a annoncé plusieurs mesures de soutien au logement qui pourraient permettre une légère reprise des ventes dans le neuf en 2015, selon le Crédit Agricole. Et de citer la révision de la fiscalité des plus-values sur les cessions de terrain ou encore les efforts de simplification des normes.

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