La Banque de Suède s'arrête aux portes des mesures non conventionnelles

le 29/10/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Avec des taux ramenés à zéro et l'hypothèse d'une première hausse renvoyée à mi-2016, la Riksbank devra innover si le risque de déflation s'installe.

La Banque de Suède commence à prendre au sérieux le risque de déflation. La Riksbank a ramené hier à 0% son taux directeur, une baisse de 0,25 point supérieure au consensus des économistes, qui tablaient sur un assouplissement de 0,15 point seulement. La banque centrale a également décalé de fin 2015 à mi-2016, jusqu’à ce que «l’inflation se redresse clairement», le calendrier d’une première hausse de taux. Elle prévoit que l’indice des prix reste sous sa cible de 2% jusqu’en juillet 2016.

«Le taux annuel d’inflation en Suède s’est élevé en moyenne à -0,1% sur l’année écoulée à fin septembre», rappellent les stratégistes change de MUFG.

Ces décisions ont immédiatement nourri les spéculations sur de prochaines mesures non conventionnelles. «La situation de l’économie suédoise ne requiert pas de mesures de politique monétaire supplémentaires pour l’instant. Néanmoins, si les conditions devaient changer, la Riksbank dispose des mêmes possibilités que d’autres banques centrales pour accroître le stimulus monétaire», a indiqué hier l’institution.

Plusieurs types de mesures sont évoqués par les économistes: des rachats d’actifs, qui permettraient de faire baisser les taux longs, un assouplissement des contraintes encadrant le crédit bancaire, et la mise en œuvre d’un «peg» entre l’euro et la couronne suédoise, à l’image du plancher qui lie le franc suisse et la monnaie unique depuis 2011. Hier, la couronne suédoise a perdu 0,8% face à l’euro, à 0,107, son plus bas niveau de l’année.

Si la Riksbank a rechigné jusqu’à présent à suivre l’exemple de ses grandes homologues, c’est que son gouverneur, Stefan Ingves, par ailleurs président du Comité de Bâle, craint d’alimenter une bulle du crédit et de l’immobilier dans un pays où la dette des ménages représente 175% du revenu disponible. Dès 2010, la banque centrale suédoise a commencé à remonter ses taux, de 0,25% à 2%, avant de reprendre fin 2011 le chemin de l’assouplissement. Cette politique suscite des débats nourris en Suède, à la fois au sein du comité de politique monétaire de l’institution, et dans le personnel politique. La coalition sociale-démocrate qui a remporté le mois dernier les élections avait proposé que la banque centrale intègre un objectif d’emploi dans son mandat.

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