Intercontinental Exchange confirme ses ambitions en Europe

le 11/09/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'opérateur américain a pris une participation majoritaire dans la chambre de compensation néerlandaise HCH qui travaille avec la Bourse alternative locale

Intercontinental Exchange (ICE) est à l’offensive. L’opérateur boursier américain spécialisé dans les produits dérivés et qui a repris le Liffe londonien l'an dernier a en effet signé hier une opération symbolique en prenant une part majoritaire dans la chambre de compensation néerlandaise Holland Clearing House (HCH) afin de «soutenir sa stratégie de compensation des produits financiers».

ICE ajoute une chambre à son univers qui en comptait déjà cinq à travers le monde. Si le montant de l’acquisition n’a pas été spécifié, l’opération devrait être finalisée au cours du dernier trimestre de l’année et verra ABN Amro Clearing, actuel détenteur de HCH, conserver une participation minoritaire.

Paul Swann, président d’ICE Clear Europe s’est ainsi félicité de «travailler avec ABN Amro Clearing Bank, ainsi qu’avec TOM et HCH, pour accroître le développement de nos activités de compensation européenne». HCH est en effet le principal compensateur des opérations réalisées sur la Bourse alternative néerlandaise TOM (The Order Machine), concurrent direct d'Euronext, avec qui (à travers l'ex-filiale Liffe) elle a eu de nombreux contentieux judiciaires sur les faibles coûts pratiqués par TOM. Nasdaq OMX avait en outre acquis fin 2012 une participation de 25% dans TOM, également détenu par ABN AMRO Bank, BinckBank, IMC et Optiver.

La transaction confirme les ambitions d’ICE. Le groupe a ainsi réalisé la semaine dernière un «investissement stratégique» dans SuperDerivatives, une société basée en Israël qui fournit notamment des analyses de gestion du risque et des données de marchés sur l’ensemble des classes d’actifs (taux, changes, crédit, actions, matières premières) ainsi que sur les dérivés de gré à gré. Une acquisition qui lui a coûté 350 millions de dollars versés en numéraire. Le CME, Markit et Nasdaq avaient également manifesté leur intérêt pour la société qui a fait une tentative d’introduction en Bourse avortée il y a environ six ans alors qu'elle visait une valorisation d'un milliard de dollars.

Au mois d’avril, ICE avait déjà racheté Algo Technologies, qui offre un système de trading haute fréquence capable d'exécuter une transaction en 16 microsecondes, contre 24 pour le LSE, 138 pour Bats Europe et 250 sur le Nasdaq. Une opération qui permettrait ainsi de moderniser le New York Stock Exchange (NYSE), acquis par ICE l’an dernier pour un montant de 10,9 milliards de dollars et dont la technologie a été jugée «obsolète».

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