Crédibilité en miettes

le 11/09/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Décidément l’Europe innove !

Mario Draghi a inventé les taux négatifs; Michel Sapin a inventé la crédibilité budgétaire négative car, en matière budgétaire, parler de crédibilité française nulle ne convient plus.

Outre son nouvel aveu d’hier – un déficit pour 2014 supérieur à celui de 2013, à peine réduit en 2015 avec un retour aux 3% aux calendes, soit 2017 -, le ministre a affirmé qu’on n’irait pas plus loin en matière de réduction des dépenses.

L’increvable vulgate keynésienne demeure intacte, si commode pour camoufler derrière un discours vertueux sur l’utilité de l’investissement public un renoncement piteux à tailler vraiment dans la dépense courante.

Tout reposera donc à nouveau sur la crédibilité des prévisions de croissance et d’inflation. Or que valent à cet égard les chiffres annoncés : 1% de croissance et ½ point d’inflation en 2015 ?

Qu’ils paraissent bien optimistes, surtout que l’acquis de croissance, c'est-à-dire l’«héritage» que l’économie se transmet à elle-même d’une année sur l’autre, pourrait bien être négatif en 2015 ! Et qu’on fera bien de prendre avec de longues pincettes les prévisions de recettes fondées sur eux, tant l’incapacité de Bercy à les apprécier est patente depuis des années !

On imagine comment cette nouvelle sortie de route est accueillie à Berlin. Ce n’est pas sur cette base que la Chancellerie acceptera le moindre rééquilibrage, pourtant indispensable, du «policy mix» européen que Mario Draghi appelle de ses vœux !

A lire aussi