L'incertitude sur les règles de rétention du risque force le report d'un CMBS

le 10/09/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'opération de 750 millions de livres devait servir à refinancer cet été un prêt accordé pour le développement d'un centre commercial britannique

Crédit Agricole CIB et Deutsche Bank ont dû reporter le placement d'un CMBS britannique prévu en août en raison de l’incertitude des investisseurs sur les règles de rétention du risque. L’opération Westfield Stratford City Finance de 750 millions de livres devait permettre de refinancer un prêt accordé pour le développement d’un grand centre commercial basé dans l’Est de Londres.

Le centre commercial est aux mains d'une joint-venture entre Westfield Corporation et deux investisseurs institutionnels : Algemene Pensioen Groep et Canadian Pension Plan Investment Board. Les détenteurs du centre avaient bénéficié d’un prêt à cinq ans d’un syndicat de banques arrivant à échéance en 2016 et ils espéraient le refinancer à de meilleures conditions compte tenu du resserrement des spreads sur les marchés et du succès du centre commercial situé près du Parc olympique.

La transaction a été reportée car certains investisseurs n’étaient pas sûrs de l’interprétation des nouvelles règles européennes sur la rétention du risque. «Un certain nombre d’investisseurs n’étaient pas familiers avec le concept, mais pour nous la lecture de la réglementation ne devrait pas changer», explique Nathalie Esnault, managing director chez Crédit Agricole CIB. L’opération dite de type «agency» n’est pas adossée à un prêt que le Crédit Agricole ou Deutsche Bank auraient accordé aux propriétaires du centre commercial. C’est le véhicule de titrisation qui, grâce à l’émission d'obligations, va accorder un nouveau prêt en remplacement du précédent, remboursé par anticipation.

«Une émission de papiers structurés, ce n’est pas une titrisation au sens réglementaire. Quand vous regardez les textes, il faut qu’il y ait un transfert de risque [ndlr : pour qu’il y ait titrisation et donc rétention]. Nous ne sommes pas dans le cadre d’une cession de prêts ou autres d’actifs existants. Si nous avions fait un prêt-relais sur cette opération que nous aurions ensuite titrisé, il y aurait eu besoin de rétention», détaille Nathalie Esnault.

A la demande des propriétaires du centre commercial qui souhaitaient que l’émission se fasse au meilleur prix, l’émission de CMBS ne comportait qu’une tranche que Fitch proposait de noter AAA. «Le fait qu’il n'y ait qu’une tranche n’a pas changé l’analyse», assure Nathalie Esnault. La banque ne donne pas d'information à ce stade sur la prochaine date de placement de l'opération ni sur ses modalités.

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