L'Esma pointe un renforcement des risques de bulle des prix des actifs

le 05/09/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’appétit pour le risque reste fort dans un environnement de taux ultra bas, indique l’Autorité dans un récent rapport

Attention aux risques de valorisation des actifs dans certains segments clés du marché. C’est en substance l’avertissement que lance l’Autorité européenne des marchés (Esma) dans la deuxième version pour 2014 de son rapport «Trends, Risks and  Vulnerabilities». «Le sentiment de marché positif prédominant a été en contradiction avec des fondamentaux économiques sous-jacents moroses, mais en ligne avec l’environnement de taux ultra-bas», relève l’Esma.

De ce fait, les investisseurs se sont mis en quête de rendement. «L’appétit pour le risque est resté fort alors que les rendements ont continué à se contracter et que les émissions importantes de dette high yield ont été facilement absorbées par les marchés. En conséquence, les craintes portant sur la valorisation ont augmenté, de même que les risques d’une volatilité future et ses effets», ajoute l’Autorité.

Dans l’univers de la gestion d’actifs, un même sentiment positif a été observé. Les actifs sous gestion de l’industrie européenne ont progressé de 6,7% ou 500 milliards d’euros au premier trimestre. Les effets positifs de valorisation ont permis de stimuler les rendements des fonds qui restent néanmoins relativement faibles. Cette recherche de rendement a également favorisé les obligations, principalement high yield et corporate.

Au-delà de ce contexte de marché, l’Esma identifie dans son rapport quatre sources de vulnérabilité: les risques opérationnels sur les plates-formes de trading, le caractère potentiellement procyclique du marché du repo (qui compte, au sens large, pour 90% des cessions temporaires de titres en Europe), les risques associés au marché des fonds indiciels cotés (notamment une minimisation par les investisseurs du risque de liquidité) et enfin les risques inhérents au financement participatif (crowdfunding). 

En ce qui concerne cette dernière thématique, l’Esma pointe en particulier les divergences qui peuvent apparaître entre les régulateurs nationaux. «Ce cadre réglementaire fragmenté ne fournit pas un environnement optimal permettant au crowdfunding de prospérer au sein de l’Union européenne», souligne le rapport. La Commission européenne étudie actuellement les moyens d’une plus grande convergence, avec notamment la possibilité d’instaurer un label de qualité européen pour le crowdfunding.

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