La récolte de blé met la mer Noire à l’honneur malgré les tensions en Ukraine

le 04/09/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’abondance de la récolte, notamment en Russie, a maintenu les prix internationaux bas, sous les 180 euros / tonne sur le Matif novembre

La récolte de blé de l’hémisphère Nord est abondante, comme prévu, mais elle nous aura tout de même réservé deux surprises. La première se trouve en France. Les fortes pluies de l’été ont dégradé les qualités du blé dans de nombreuses régions, précipitant une part significative de la production dans la catégorie de blé fourrager destiné à l’alimentation animale. La hausse de la prime entre meunier et fourrager met en évidence ce transfert. L’USDA (US Department of Agriculture) maintenait dans son rapport d’août une production record en Union européenne à 147,87 millions de tonnes (Mt), mais réduisait ses exports de 28 à 25 Mt. Après avoir provoqué l’incertitude des marchés, ces problèmes de qualité peuvent toutefois être relativisés. En effet, du blé reste exportable comme l’a montré le dernier appel d’offre de l’Egypte au mois d’août où quatre opérateurs offraient du blé français.

La deuxième surprise vient de la Russie dont les prévisions de récolte ne cessent d’être révisées à la hausse par les opérateurs. En août, l’USDA relevait brutalement son chiffre de production à 59 Mt (contre 53 Mt dans son rapport de juillet) replaçant ainsi la Russie à un niveau proche de ses records.

L’abondance de la récolte a en conséquence maintenu les prix internationaux bas, sous les 180 euros / tonne sur le Matif novembre et sous les 600 $c/t sur le CBOT décembre. Les origines « mer Noire » (Russie, Ukraine, Roumanie, Bulgarie) sont à l’honneur en ce début de campagne et sont les plus compétitives comme le montre leurs succès aux derniers appels d’offre mondiaux.

Malgré ces bonnes récoltes, un élément majeur reste cependant en arrière-plan: le conflit entre la Russie et l'Ukraine. Les tensions à la frontière russo-ukrainienne n’ont finalement pas perturbé les exportations de début de campagne des pays de la zone. Il semble même que l’abondance de blé russe aura rassuré malgré les intempéries en France et en Europe occidentale. Mais, la situation géopolitique restant instable, la vigilance demeure de mise. De plus, les baisses marquées des devises russes et ukrainiennes, qui ont accru la compétitivité des pays concernés, pourraient inciter les agriculteurs locaux à moins investir dans la campagne suivante (renchérissement des coûts de semences, d’intrants). Les prochains semis d’automne seront donc importants à surveiller.

Production et exportation de blé en Russie et en Ukraine
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Production et exportation de blé en Russie et en Ukraine

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