La pression vendeuse s'accroît sur l'euro

le 02/09/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les positions courtes spéculatives sont au plus haut depuis 2012, dans l'attente de la réunion de la BCE

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L’évolution de l’euro a constitué cet été la seule éclaircie d’un horizon économique bien assombri dans la région. La monnaie unique a touché hier 1,312 dollar, son plus bas niveau depuis un an, après être montée à 1,40 en mai. Elle a connu le même mouvement de baisse face à la plupart des devises du G10. Les positions vendeuses nettes d’euros s’accroissent de semaine en semaine, nourries par les anticipations d’un nouveau geste d’assouplissement monétaire de la Banque centrale européenne ce jeudi.

La panne de l’économie européenne, la crise géopolitique en Ukraine et le ton plus accommodant de la BCE, surtout si on le compare au durcissement attendu de la politique de la Fed dans les prochains mois, sont autant de bonnes raisons qui font baisser l’euro. En net, les positions non commerciales déclarées auprès de la CFTC américaine à la date du 26 août, qui donnent une vision partielle des paris des hedge funds sur les changes, faisaient apparaître plus de 150.000 contrats vendeurs. En une semaine, ces intérêts vendeurs nets se sont accrus de près de 11.800 contrats. Ces niveaux avaient été atteints pour la dernière fois il y a deux ans, au pic de la crise des dettes souveraines en zone euro, pour culminer au moment du fameux discours «whatever it takes» du président de la BCE, Mario Draghi, en juillet 2012.

Comme toujours, cet indicateur peut être «contrariant» à court terme. «Le marché prend clairement le risque d’être déçu si la réunion de la BCE de jeudi ne débouche pas sur autre chose qu’une rhétorique de colombe et des promesses d’action à venir», estime Kit Juckes, stratégiste change à la Société Générale. Un risque de correction à la hausse que mettent également en avant les stratégistes de Natixis, qui ne croient pas à des mesures concrètes de la banque centrale dès le 4 septembre. D'autres économistes parient dès cette semaine sur une nouvelle baisse des taux de 10 points de base ou sur le lancement du programme tant attendu de rachats de titrisations.

Au-delà des réactions des cambistes jeudi, le consensus reste orienté à la baisse pour la monnaie unique. «Tout plaide pour un euro plus faible à court/moyen terme, en particulier si, parallèlement, le dollar continue de se redresser sur fond d’amélioration de la croissance américaine», estime Natixis.

Positions sur l'euro, janvier 2010-août 2014
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Positions sur l'euro, janvier 2010-août 2014
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