Le moteur de la croissance allemande s'est enrayé au deuxième trimestre

le 02/09/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le PIB de l'Allemagne confirme son recul de 0,2% au printemps. La crise ukrainienne et la morosité économique dans la zone euro assombrissent les perspectives

La locomotive de l’économie européenne a donné des signes d’essoufflement au cours des derniers mois. Le PIB de l’Allemagne s’est replié de 0,2% au deuxième trimestre, par rapport aux trois mois précédents, comme le laissait déjà prévoir une estimation publiée au cœur de l’été. Sur un an, le PIB a progressé de 0,8%.

Le recul du second trimestre doit s’analyser à l’aune du niveau de croissance relativement élevé, de 0,7%, enregistré pour les trois premiers mois de cette année, souligne le bureau fédéral des statistiques allemand, Destatis. Une météo douce avait soutenu le secteur de la construction. De quoi expliquer probablement la chute de 4,2% (sur trois mois) des investissements dans ce secteur au second trimestre.

L’activité a été tirée par la hausse des dépenses de consommation des ménages (+0,1%) et des dépenses gouvernementales (+0,1%). Cependant, l’augmentation des importations de 1,6% entre avril et juin n’a pas été compensée par la légère progression des exportations sur la même période (0,9%). Alors que le conflit en Ukraine a conduit l’Union européenne à imposer des sanctions contre la Russie et Moscou à faire de même en représailles, le commerce extérieur a pesé de 0,2 point de pourcentage sur la croissance au printemps.

«Les perspectives pour l’économie allemande se sont assombries au milieu de l’année en réponse à des nouvelles internationales négatives», a fait valoir la Bundesbank dans son rapport mensuel d’août. La banque centrale pariait en juin sur une croissance de 1,9% cette année mais mettait en doute dans son rapport l’hypothèse d’une accélération de l’activité économique au second semestre.

«Nous nous attendons à ce que l’économie allemande retrouve la croissance durant le reste de l’année grâce à de solides fondamentaux domestiques», estime cependant Johannes Gareis, économiste chez Natixis. Ce dernier prévoit une croissance du PIB de 1,5% en 2014, même si la crise en Ukraine et la morosité économique dans la zone euro devaient peser sur les investissements des entreprises.

La croissance dans la zone euro a été nulle au second trimestre (par rapport au premier) et le taux annuel d’inflation était de seulement 0,3% au mois d’août, selon Eurostat. L’indice PMI manufacturier publié par Markit hier signale une stagnation de l’activité dans le secteur. Il s’est établi à 50,7 en août et n’avait pas atteint un niveau aussi faible depuis plus d’un an.

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