Le gouvernement espagnol veut hâter l’adoption des mesures «anti-Gowex»

le 06/08/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La loi visant à plus de transparence du marché et à un renforcement des conditions d'audit pourrait être adoptée dès 2015

Suite au scandale de fraude de Let’s Gowex, un fournisseur espagnol de wifi qui avait falsifié ses comptes, le ministre de l’Economie, Luis de Guindos, a déclaré au Parlement que le gouvernement allait rapidement adopter des mesures pour améliorer la supervision du Marché alternatif domestique (MAB) et du Marché alternatif de revenus fixes (Marf), tous deux contrôlés par Bolsas et Mercados Españoles (BME). «De plus importantes responsabilités seront réclamées à Bolsas et Mercados Españoles», qui devra notamment améliorer ses mécanismes d’information et de communication avec l’Autorité des marchés boursiers, la CNMV, précise le quotidien Cinco Días. Par ailleurs, les entreprises du MAB, dont la capitalisation boursière est supérieure à 500 millions d’euros, devront être aussi cotées sur le marché en continu, ajoute le quotidien.

Valentin Pich, président du Conseil général des économistes, relève que si le gouvernement espagnol veut d’un côté encourager le financement des entreprises sur le marché alternatif, il veut aussi rassurer. C’est la raison pour laquelle Luis de Guindos souhaite accélérer le processus de transposition d’une directive européenne sur les cabinets d’audit, souligne-t-il. «Le scandale Gowex, et antérieurement celui de Pescanova, où les auditeurs des comptes ont échoué d’une facon retentissante, expliquent la hâte du ministre à donner une réponse politique à ces affaires», souligne le journal économique Expansión. Cette loi devrait donc entrer en vigueur en 2015 et non en 2016, comme prévu initialement.

L’avant projet de loi prévoit notamment de limiter le type de services complémentaires que ces cabinets peuvent assurer ainsi que les honoraires qu’ils pourront percevoir d’une même entreprise considérée d’intérêt public, c’est-à-dire les compagnies d’assurances, les instituts financiers, qui «en raison du nombre d’employés ont besoin d’un traitement spécial», explique Valentin Pich. L’affaire Gowex avait fortement inquiété le secteur qui craint la détérioration de l’image de cette profession, exercée par 20.000 auditeurs dans la péninsule, dont 1.200 cabinets. La Corporation des auditeurs et l’Institut des recenseurs assermentés des comptes en Espagne demandent cependant au gouvernement plus de temps et de ne pas adopter le système de double audit comme c’est le cas en France.

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