La BCE devrait maintenir sa politique monétaire inchangée

le 06/08/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Même si l'inflation était très faible en juillet dans la zone euro, certaines données sur le crédit et l'activité sont plus encourageantes

Les économistes ne s’attendent pas à ce que la Banque centrale européenne (BCE) décide d’actions nouvelles lors de sa réunion demain à Francfort même si le taux d’inflation annuel de la zone euro est ressorti en baisse en juillet à 0,4% (contre 0,5% le mois précédent) selon Eurostat.

«Selon toute probabilité, il n’y aura pas de changement dans l’appréciation des conditions économiques et pas d’indication claire sur de nouvelles mesures à ce stade», assure la recherche de Crédit Agricole CIB. En juin, le conseil des gouverneurs a maintenu le taux de refinancement à 0,15%. L’inflation en juillet était encore plus faible qu’attendu par la plupart des économistes et reste très éloignée de la cible d’inflation de la BCE, proche de 2%. Cependant, les banquiers centraux pourront arguer que cette chute a été tirée par la baisse des prix de l’énergie et que l’inflation hors prix de l'énergie, alimentation, alcool et tabac, est restée stable et relativement élevée à 0,8%. Enfin, l’écart par rapport aux prévisions de la BCE de juin a été moins important qu’au cours des trimestres précédents, note CA CIB.

D’autres nouvelles relativement encourageantes pourraient conduire la BCE à rester attentiste. Ainsi son enquête trimestrielle sur les prêts bancaires (Bank Lending Survey) révèle que, pour la première fois depuis sept ans, les banques ont dans l’ensemble assoupli leurs conditions de prêt aux entreprises et s’attendent à faire de même dans les mois à venir. Par ailleurs, l’indice PMI composite de Markit, regardé comme un indicateur avancé de l’activité, s’est établi à 53,8. Même si ce chiffre est légèrement inférieur à la première estimation à 54, il traduit une expansion de l’activité dans la zone euro et reste sensiblement supérieur à celui de juin, à 52,8.

«L’hypothèse d’une reprise en cours au deuxième semestre ne peut pas être rejetée. La situation en Ukraine représente un risque baissier, mais les données sur la zone euro témoignent d’une croissance résistante de la demande domestique qui peut aider à absorber les défis extérieurs», assure la recherche de Deutsche Bank. Et de souligner que la zone euro devrait profiter de l’activité soutenue en Chine et aux Etats-Unis. «La TLTRO de la BCE qui commencera en septembre devrait être d’une plus grande importance que la réunion de la BCE de ce jeudi», conclut la recherche de RBS alors que la vague d’opérations de refinancement ciblées (TLTRO), censée inciter les banques à prêter davantage, débutera le 18 septembre.

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