La première obligation de projet française financera le haut débit

le 24/07/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Axione Infrastructures, détenu par un fonds de BPCE, a levé 189 millions d'euros auprès d'institutionnels européens avec l'aide de la BEI

Le lancement de la première obligation de projet française avec une garantie de la Banque européenne d’investissement (BEI) a été annoncé hier. Axione Infrastructures a levé 189,1 millions d’euros à 11 ans, avec un coupon de 2,62%, pour financer le développement du haut et très haut débit dans les zones les moins peuplées du territoire français.

Le projet a été chaleureusement salué par les ministres des Finances et de l’Economie, Michel Sapin et Arnaud Montebourg qui y voient un modèle pour lancer des plans d’investissements en période de rigueur. L’opération représente aussi le premier «project bond» européen dans les infrastructures numériques. En 2012, l’Union avait alloué à la BEI une enveloppe de 230 millions d’euros pour soutenir, à titre expérimental, le financement obligataire de projets de transports, d’énergie et de télécoms.  Avec le lancement de la troisième obligation de projet dans ce cadre, «on finit d’apporter la démonstration que les project bonds fonctionnent sur les trois secteurs», souligne Philippe de Fontaine Vive Curtaz, vice-président de la BEI. Il espère bien que le programme pilote sera pérennisé après la fin de l’année, assurant que le soutien de la BEI permet de multiplier la capacité financière pour les projets par 9. Quelques infrastructures pourraient encore être financées avec l'aide de la BEI d’ici à décembre, comme l’autoroute A45 Saint-Etienne-Lyon.

Axione Infrastructures est une société détenue par le fonds du groupe BPCE, le Fideppp (à 55%), la Caisse des dépôts (30%), et Axione (15%), filiale de Bouygues Energies et Services. La société propose aux opérateurs télécoms de mutualiser les infrastructures numériques. Son président Pierre-Eric Saint-André a expliqué que l’obligation de projet permettait refinancer des lignes de dette «dans de bien meilleures conditions avec une maturité beaucoup plus longue» et que 150 millions d’euros d’investissements étaient à faire dans la fibre optique.

Pour monter l’opération, Axione Infrastructures a structuré, avec l’aide de Natixis, un FCT (France Broadband Infrastructures). La BEI a apporté un rehaussement de la dette à hauteur de 20%, lequel a permis de relever la note des titres de 1,5 cran à Baa2. «Ce niveau de rating, obtenu grâce au rehaussement de la BEI a été clé dans le placement de l’opération dans le secteur innovant des infrastructures numériques», souligne Anne-Christine Champion chez Natixis. La banque se contente de préciser que le placement a été totalement souscrit par des investisseurs institutionnels européens.

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