Le coût des sauvetages bancaires fait gonfler la dette de l'Autriche

le 24/07/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'endettement du pays devrait grimper à 80% en 2014. La structure de défaisance de Kommunalkredit va être intégrée dans les comptes publics

L’Autriche est rattrapée par les problèmes de son secteur bancaire. La dette publique du pays, en léger recul sur un an à 75,1% du PIB à fin mars selon Eurostat, va reprendre une courbe ascendante. «Elle devrait atteindre 80% du PIB en 2014, contre 60% en 2007, le total le plus élevé parmi tous les pays notés AAA selon les projections du FMI», rappelle Alberto Gallo, stratégiste chez RBS.

Le nettoyage du secteur bancaire fait gonfler la note. Dans un courrier adressé le 3 juillet à Vienne, les experts d’Eurostat ont demandé à l’Autriche de requalifier les passifs de KA Finanz, la structure qui avait été créée en 2009 pour liquider les actifs toxiques du Dexia autrichien, Kommunalkredit, nationalisé pendant la crise. La Commission européenne considère que KA Finanz remplit toutes les qualités d’une structure de défaisance et non d’une institution financière classique. Ses passifs de 8 milliards d’euros, soit 2,5% du PIB autrichien, devront donc s’ajouter au 1er septembre à la dette du pays. Les comptes publics seront retraités rétroactivement jusqu’en 2009.

Le sauvetage d’Hypo Alpe Adria, pour sa part, «devrait doubler le déficit public du pays à 2,7% cette année contre 1,5% en 2013, tout en ajoutant 18 milliards d’euros ou 6% du PIB à la dette», rappelle Alberto Gallo. Ce dossier risque en outre d’apporter son lot de litiges à l’Etat. La loi Hypo Alpe, votée début juillet, prévoit de réduire la facture du contribuable en réduisant à néant la valeur de 890 millions d’euros d’obligations subordonnées émises par la banque et bénéficiant d’une garantie publique régionale, celle de la province de Carinthie. Du jamais-vu sur les marchés de la dette en Europe.

La Banque mondiale a déjà manifesté son désaccord. A travers l’IBRD, la Banque internationale pour la reconstruction et le développement, l’institution de Washington porte 150 millions d’euros de ces titres subordonnés. Elle estime que ses statuts l’empêchent d’être expropriée. Vienne a entamé une analyse juridique et n’exclut pas d’engager le fer devant les tribunaux. «Les obligations juridiques internationales de l’Autriche, telles que définies dans les statuts de l’IBRD, prévaudront sur la législation nationale», assure de son côté la Banque mondiale.

Vienna Insurance contestera pour sa part la loi Hypo Alpe devant la cour constitutionnelle du pays, a annoncé mardi son directeur général Peter Hagen. L’assureur autrichien est exposé à hauteur de 50 millions d’euros.

A lire aussi