Le redressement des économies passe par un partenariat public privé

le 07/07/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Des investissements massifs seront nécessaires, ont estimé les participants aux Rencontres économiques d'Aix-en-Provence

Six ans après la crise financière, la reprise économique reste fragile, lorsqu’elle est seulement au rendez-vous. Les dirigeants politiques s’inquiètent. Les économistes et les responsables d’entreprises doutent. Plus de 230 d’entre eux, venus de 35 pays,  étaient réunis du 4 au 6 juillet dans le cadre des Rencontres économiques d’Aix-en-provence, à l’initiative du Cercle des économistes. Objectif ? Sortir les pays avancés de l’enlisement, lutter contre la désindustrialisation, la montée du chômage et des inégalités. Thèmes centraux des débats, la relance de l’investissement et de l’innovation, et les moyens de la financer. 

«Nous ne sommes pas très loin d’une destruction de l’éco-système social», s’est alarmé Georges Plassat, PDG de Carrefour. «C’est la déception, nous attendons toujours que les économies avancées retrouvent leur tendance de long terme», a admis Jacques Mistral, du Cercle des économistes. Du côté des entreprises, «c’est l’attentisme», dit-il, alors que les 2.000 plus grosses disposent de 4.500 milliards de dollars d’actifs liquides. Pour leur part, les Etats impécunieux privilégient la résorption des déficits «avec des conséquences désastreuses sur la consommation», fustige Kevin O’Rourke, du Trinity College Dublin.

Au fil des débats, la nécessité d’investir s’est imposée. Prenant le cas de la transition énergétique, Gérard Mestrallet, PDG de GDF Suez, a rappelé qu’ «il faudra investir 53.000 milliards d’euros sur les prochaines décennies». Parmi les 10 recommandations finales du Cercle, la deuxième préconise de «partager les risques entre les partenaires privés et public pour pallier l’aversion au risque» des investisseurs. Une autre d’ «adopter au niveau européen, une politique d’investissements dans les infrastructures et les secteurs porteurs de croissance». 

Plaidant pour un retour de l’Etat dans le jeu industriel, la chercheuse américaine du MIT, Suzanne Berger, a dénoncé les «défaillances du marché qui empêchent les start up de se développer et les innovations d’atteindre le stade de biens commercialisables». Plus nuancé, Jacques Mistral, a souligné que «la révolution technologique que nous vivons, ne génère pas les vagues d’investissements et d’emplois observées lors des précédentes révolutions». Sa crainte ? Que la transition soit très longue...

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