La BoE et la BCE poursuivent leur combat pour relancer la titrisation

le 04/06/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les banques centrales proposent une première définition des titrisations qui pourraient bénéficier d’un traitement réglementaire avantageux

La Banque centrale européenne (BCE) et la Banque d’Angleterre (BoE) ont donné plus de détails sur la façon dont elles souhaitent relancer le marché européen de la titrisation. Dans une consultation publiée la semaine dernière, les deux institutions plaident à nouveau pour l’identification de titres de bonne qualité qui pourraient bénéficier d’un traitement spécifique de la part des régulateurs et des banques centrales.

En avril dernier, la BCE et la BoE avaient défendu dans un court papier les bénéfices de la titrisation pour le financement de l’économie. Elles soulignaient le manque de dynamisme du marché européen et esquissaient quelques pistes pour y remédier. Elles invitent désormais les professionnels à se prononcer d’ici au 4 juillet prochain sur les principaux critères qui permettraient de définir les titrisations éligibles à des règles de liquidité et de capital différentes ainsi qu’à des décotes réduites de la part des banques centrales.

La BCE et la BoE défendent ainsi des opérations simples, robustes et transparentes adossées à des prêts hypothécaires résidentiels, à «certains» prêts finançant l’immobilier commercial, à des prêts automobiles, aux PME, à la consommation (cartes de crédit notamment) ou à des créances de crédit-bail. Aux yeux de Richard Hopkin, managing director pour le lobby financier AFME, le label de qualité de la titrisation «PCS fournit une bonne base de discussion» pour définir les titrisations dites «éligibles».

«De nombreuses régulations sont sur le point d’être mises en œuvre le mois prochain, j’espère qu’il reste du temps pour tenir compte de l’approche [des banques centrales]», poursuit-il. Les professionnels du marché dénoncent un traitement trop strict des titrisations de bonne qualité dans les règles de liquidité et de capital imposées aux banques et aux assureurs européens. Pour la recherche de la Société Générale, la consultation est «décevante dans la mesure ou elle ne laisse pas attendre de big bang pour les ABS, via des annonces réglementaires importantes ou des achats d’actifs».

La BoE et la BCE proposent par ailleurs d’harmoniser leurs bases de données sur les prêts sous-jacents aux titrisations et de les rendre plus accessibles, d’améliorer l’information sur l’impact des plafonds souverains mis en place par les agences de notation ou encore de faciliter l’accès à l’information sur la performance de crédit et la santé financière des PME dont les prêts sont titrisés.

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