Pékin cherche à amortir la chute du marché immobilier chinois

le 15/05/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La PBOC a appelé les 15 plus importantes banques du pays à accélérer l'octroi sélectif de prêts hypothécaires à des niveaux de taux raisonnables

Pékin commence à prendre au sérieux les risques d’éclatement de la bulle immobilière. La PBOC a appelé les 15 plus importantes banques du pays à accélérer l'octroi sélectif de prêts hypothécaires en les exhortant à «améliorer l’efficacité des services, donner des accords de prêts dans les délais et distribuer des prêts aux acheteurs qui répondent aux critères de crédits», à des niveaux de taux «raisonnables». Avec une hausse des prêts hypothécaires de 20,1% en avril sur un an, la banque centrale souhaite privilégier les primo-accédants et renforcer le suivi du risque de crédit.

Dans le même temps, les mises en chantier se sont contractées à un rythme de 15% (après -21,9% en mars), les ventes de logements de 14,3% (après 7,5%), et les ventes de terrains de 20,5% (après 16,9%). «Si cette détérioration est en partie due à des effets de base défavorables, la situation du marché immobilier est indéniablement devenue maussade», estime SG CIB. Or, il représente 20% du PIB, selon la banque, et son importance dans le système financier s’étend bien au-delà de la part des prêts hypothécaires et des directs des banques dans leurs prêts totaux, de 14% (10.500 milliards de yuans, soit 1.229 milliards d'euros), et 6,5% (4.900 milliards).

SG CIB estime ainsi que les emprunts contractés par les promoteurs auprès de la finance de l’ombre représentent 7.000 milliards de yuans supplémentaires. «Plus de 10.000 milliards de yuans d’autres emprunts de sociétés sont garantis par des actifs immobiliers, et 6.000 milliards supplémentaires contractés par les collectivités locales pour des investissements en infrastructures sont garantis sur des revenus anticipés de ventes de terrains et de droits d’usage», ajoute la banque qui estime que la dette totale du secteur représente 80% du PIB chinois.

Dans ce contexte, les nouveaux crédits ont ralenti à 1.550 milliards de yuans en avril, après 2.070 en mars, sous l’effet de la politique des autorités qui cherchent à limiter les risques de défauts. Or, «le cycle de court terme du marché immobilier chinois, comme dans beaucoup d’autres pays, est en premier lieu un problème de crédit», estime SG CIB qui prône «une accélération, ou au moins une stabilisation, de la croissance du crédit». Face à ce dilemme, Pékin a pris des mesures ciblées au niveau local pour assouplir les règles d’achats immobiliers, et consacré 119 milliards de yuans à la construction de logements sociaux pour soutenir l’offre.

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