La Fed avance avec prudence sur la voie de la normalisation monétaire

le 09/05/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Janet Yellen a confirmé la reprise de l'activité américaine et s'est gardée de toute indication sur le moment choisi pour la première hausse de taux

La Fed temporise. «Avec l’hiver rugueux maintenant derrière nous, de nombreux indicateurs suggèrent qu’un rebond des dépenses et de la production est actuellement en cours, plaçant l’économie sur le chemin d’une croissance solide sur le trimestre en cours». Tel est le message délivré mercredi par Janet Yellen devant le comité économique mixte du Sénat américain, après la quasi-stagnation (+0,1%) du PIB au cours du premier trimestre. 

La présidente de la Fed a mis néanmoins en avant plusieurs risques pesant sur l’activité, et notamment pour la première fois une reprise plus faible que prévu du marché immobilier.

Dans ce contexte, le dollar reste proche de son plus faible niveau contre euro de 1,395 atteint mardi, à 1,393. Contre la livre sterling, il est même tombé au plus bas depuis octobre 2008. L’indice dollar contre les principales devises a ainsi chuté de 7% depuis juillet 2013, revenant sur ses niveaux d’octobre 2012. Et ceci malgré une politique monétaire toujours très accommodante de la BoE, la politique de rachats d’actifs extrêmement agressive menée par la BoJ pour tenter de sortir le Japon de la déflation, et les espoirs de voir la BCE avoir recours à des outils non conventionnels.

Ce niveau devrait soutenir le commerce extérieur, qui a ôté 0,8 point à la croissance du PIB au premier trimestre. «Le dollar continue de pâtir d’un manque de soutien de la part des rendements ainsi que d’un univers global favorable aux carry trades. Les maturités courtes restent le cœur des difficultés du dollar», explique BNP Paribas. A 0,41%, le taux à 2 ans est en faible hausse depuis son niveau de 0,2% de juillet 2013, alors que la courbe des forward eurodollar à 3 mois indique un rythme de resserrement très modéré, avec des taux Fed funds anticipés à seulement 1% début 2016, et 4% dans 7 ans.

La partie longue de la courbe n’est pas épargnée, avec un taux à 10 ans tombé sous le bas de la fourchette de 2,6% à 2,8% dans laquelle il a évolué sur les quatre premiers mois de l’année. Un motif de satisfaction pour Janet Yellen qui s'est gardée de livrer toute indication supplémentaire sur le début du cycle de normalisation monétaire, toujours dépendant de l’évolution de l’activité. CA CIB estime néanmoins qu’avec l'accélération de la reprise de l’activité qui devrait tirer les salaires et l’inflation à la hausse, «le point de déclenchement d’une nouvelle forte hausse des rendements se rapproche».

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