La TTF en panne de consensus

le 07/05/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La taxe sur les transactions financières paraît bien partie pour peupler le cimetière des éléphants législatifs européens. Ses adversaires se réjouiront que cette machine à détruire de la valeur dans l’industrie financière ne puisse sortir des limbes. Quant à ses partisans, ils ont tout lieu d’être furieux devant la valse-hésitation peu glorieuse des onze pays négociateurs, réduits désormais à dix.

Mais au-delà de ces opinions, tout Européen convaincu ne pourra qu’être attristé par ce gros acte manqué collectif. Partis la fleur au fusil sur une idée simple à concevoir mais infiniment complexe à exécuter, ses partisans ont dès l’origine dû renoncer aux traits que James Tobin voulait lui donner : une taxe universelle sur les transactions de changes pour limiter la volatilité.

L’actuel projet n’a cessé de s’éloigner de ce modèle pour viser tout autre chose dans son assiette, la taxation des actions, et ses finalités, désormais budgétaro-humanitaires. Surtout, elle n’est plus universelle mais menace abusivement d’affecter les systèmes financiers de ceux qui la soutiennent comme de ceux qui la rejettent. Or un impôt à vocation planétaire ne peut s’imposer s’il manque d’un consensus à cette échelle.

La TTF est mal conçue car simplement mal soutenue. Beaucoup a été fait pour limiter le pouvoir de la finance et beaucoup reste à faire. Encore faut-il disposer d’une adhésion minimale qui fait défaut à cet impôt-symbole, fondamentalement idéologique et punitif.

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