Les marchés saluent la sortie du Portugal de son plan de sauvetage

le 06/05/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Lisbonne ne sollicitera pas de nouvelle aide. Rassurants sur les risques à court terme, les économistes s'inquiètent du niveau élevé de la dette

Les investisseurs ont bien accueilli le fait que le Portugal soit le deuxième pays européen après l’Irlande à ne pas solliciter une nouvelle aide de ses partenaires à l’issue d’un plan de sauvetage de l’Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI). Le premier ministre portugais, Pedro Passos Coelho, a confirmé dimanche que son pays ne solliciterait pas de ligne de crédit dite de précaution auprès du Mécanisme européen de stabilité (MES) alors qu’il devrait sortir dans les prochaines semaines du programme de sauvetage de 78 milliards d’euros qui lui avait été accordé en 2011.

Lisbonne n’aura donc pas à se plier à de nouvelles conditions de ses partenaires mais ne pourra pas non plus bénéficier d’achats de ses titres souverains par la Banque centrale européenne. Ceux-ci peuvent être prévus dans le cadre des programmes de précaution pour faire face à une recrudescence des difficultés d’accès au marché.

Rien ne laisse présager d’une telle situation pour l’instant. Hier, le rendement des obligations portugaises à dix ans baissait encore légèrement pour atteindre 3,58%. «Avec une réserve de cash de 15 milliards d’euros et un financement assuré jusqu’en 2015, il y a peu de risques dans l’immédiat», écrit la recherche de RBS. «L’amélioration des fondamentaux économiques du Portugal par rapport à la situation où il se trouvait au printemps 2011 est incontestable», saluent les économistes de Natixis. La croissance devrait s’élever à 1,2% cette année et 1,5% en 2015 tandis que le déficit doit être ramené à 4% du PIB en 2014 et 2,5% du PIB en 2015, selon la Commission européenne.

La semaine dernière, la Troïka a confirmé que le programme était en bonne voie de se terminer. Elle souligne cependant que «les conditions économiques et financières favorables ne doivent pas conduire à l’autosatisfaction» et appelle le Portugal «à mener des politiques saines à moyen terme». Plusieurs économistes s’inquiétent aussi de la soutenabilité de la dette du pays, qui équivalait à 129% du PIB en 2013. Celle-ci reste d’ailleurs en catégorie spéculative même si Moody’s et S&P pourraient revoir leur jugement cette semaine.

Non seulement la croissance du Portugal «devrait rester relativement faible», selon les économistes Natixis, mais en vue des élections de 2015, «l’engagement du gouvernement en faveur de la consolidation budgétaire pourrait s’affaiblir», préviennent ceux de RBS.

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