Edmond de Rothschild a progressé en 2013, mais reculé en France

le 04/04/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le groupe franco-suisse pâtit aussi de la lutte contre l’évasion fiscale mais mise sur ses relais de croissance internationaux

Pour la première fois depuis l’arrivée de son patron Christophe de Backer, en 2012, le groupe Edmond de Rothschild a présenté hier les résultats consolidés de ses branches suisse et française. Il affiche 950 millions d’euros de revenus en 2013 (+4,7%) grâce à la progression de 12,3% de la Banque Privée Edmond de Rothschild, cotée en Suisse, qui chapeaute l'essentiel des filiales internationales.

En France, l’activité de la Compagnie Financière Edmond de Rothschild s’érode de 2,8%, à 315 millions d’euros (et de 21% sur deux ans) en raison des taux bas et de dépréciations sur les lignes de compte propre.

Globalement, la hausse modérée des charges (+3,6%) permet au résultat d’exploitation de croître de 9%, à 189 millions d’euros. Le bénéfice net recule en revanche de 10%, à 87 millions «en raison d’une moindre contribution des produits exceptionnels». 2012 avait bénéficié d’une plus-value en France liée à la fin du dispositif d’intéressement de certains collaborateurs, sans doute les anciens dirigeants.

A fin décembre, les encours atteignent 133,6 milliards d’euros, dont 39,7 milliards en France. Ils se répartissent quasiment à parité entre la banque privée (47%) et la gestion d’actifs (53%) à laquelle est désormais rattachée l’administration de fonds. Les actifs augmentent de 9% sur un an grâce au rebond des marchés. La collecte de 1,7 milliard d’euros reste modeste par rapport aux ambitions du groupe, qui vise 33 milliards d’euros d’argent frais sur la période 2013-2016 et 158 milliards d’encours hors effet marché à cet horizon. «La collecte a été significative en asset management, supérieure à 3 milliards de francs (2,5 milliards d’euros), et négative d’un milliard en banque privée», précise Christophe de Backer.

La gestion de fortune suisse pâtit des dispositifs de lutte contre l’évasion fiscale en Grande-Bretagne ou encore en France. «La problématique fiscale est derrière nous», affirme toutefois le dirigeant, sans dévoiler le montant des provisions pour litiges fiscaux.

Le groupe met l’accent sur la diversité de ses centres de tenue de compte (Luxembourg, France, Hong Kong) qui hébergent plus de 50% des actifs de la banque privée. Il a recruté de nouveaux banquiers privés à Hong Kong et transformé son activité londonienne en merchant bank. Au Luxembourg en revanche, il a transféré la tenue de compte-conservation de ses clients institutionnels à Caceis, gardant seulement son activité de dépositaire.

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