Le suisse Unigestion diversifie pas à pas ses débouchés

le 03/04/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La société de gestion pousse ses pions au Canada et en Asie et mise sur de nouveaux produits en dette et private equity secondaire

Si la Suisse concentre 30% de ses 10,9 milliards d’euros d’actifs et la France un quart, Unigestion compte sur de nouveaux relais. La société helvétique de gestion institutionnelle vient de s’implanter à Toronto en recrutant une consultante de Mercer. Ce cabinet lui a permis de décrocher en 2012 son premier mandat local pour le Mouvement Desjardins. «Nous avons déjà quelques mandats d’actions internationales et émergentes au Québec et à Ottawa. Notre culture de gestion du risque y semble appréciée», déclare Jean-François Hirschel, responsable marketing d’Unigestion, qui affiche 400 millions de francs suisses d’encours dans le pays.

Le groupe a aussi élargi sa licence à Singapour en 2013. «Nous voulons croître sur le marché institutionnel asiatique qui pèse seulement quelques pour-cent de nos encours. C’est une stratégie de long terme car les fonds de pension y sont encore peu nombreux», juge le représentant d’Unigestion.

En dehors de Lausanne, les autres centres de gestion semblent confortés par les directives européennes. «Notre bureau de Paris devient notre plate-forme AIFM et Londres notre plate-forme Mifid, explique-t-il. Cela ne change pas notre organisation car Paris disposait déjà d’un agrément de multigestion alternative et de FCPR, mais chaque bureau peut déléguer à un autre la gestion de certains mandats.»

Les actions pèsent depuis l’an dernier plus de 50% des actifs, devant les fonds de fonds alternatifs et de private assets (capital-investissement, infrastructures, etc.) et la multigestion. De même, les mandats personnalisés sont devenus majoritaires. «Nous avons choisi ce modèle pour développer notre expertise de sélection de fonds de dette», pointe Jean-François Hirschel.

Du côté des produits ouverts, «nous avons lancé cette année une stratégie actions monde avec un biais investissement responsable, pour les fondations et organisations caritatives», poursuit-il. Nous espérons aussi boucler Unigestion Secondary Opportunity III, un FCPR de secondaire investi dans des fonds de capital-investissement dédiés aux entreprises moyennes. Il permet aux clients d’augmenter rapidement leur exposition au private equity en profitant d’une décote sur les actifs».

Après un closing à 100 millions d’euros, le groupe vise 400 millions pour ce fonds. En 2013, Unigestion a subi au total 424 millions d’euros de décollecte, un gros client ayant internalisé sa gestion, mais les flux sont positifs en 2014, à 171 millions fin février.

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