Charbon thermique : à l’Ouest, du nouveau ?

le 03/04/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'afflux inattendu de charbon américain sur les marchés internationaux faute de débouchés locaux bouleverse le marché

Moins exposé médiatiquement que le pétrole et le gaz, le charbon thermique, destiné à la production électrique, affiche pourtant une consommation en croissance régulière, tirée par les pays émergents. Il pourrait, selon l’Agence internationale de l’énergie, devenir la première source d’énergie primaire fossile au monde d’ici à 2020.

Dans l’OCDE, la demande est atone mais derrière cette stabilité de façade, de grands bouleversements sont en cours. Ainsi, les exportations américaines nettes ont atteint respectivement 106 et 99 millions de tonnes en 2012 et 2013, soit environ cinq fois plus qu’en 2007, alors même que la production locale a reculé de 14% sur la période ! Le durcissement de la réglementation et le développement du gaz de schiste plus compétitif (notamment en 2012) ont sérieusement limité les débouchés du marché local. Les producteurs américains se sont donc adressés à une nouvelle clientèle au-delà de leurs frontières.

Cet afflux inattendu de charbon américain sur les marchés internationaux a probablement contribué à la baisse récente des prix de référence, d’autant que les acteurs traditionnels (Indonésie, Australie, Russie, Afrique du Sud) ont continué de développer leurs productions et exportations. Le prix sans frais à bord (FOB) à Richards Bay (Afrique du Sud) évolue désormais autour de 75 dollars par tonne contre 120 dollars environ en mars 2011. A ces cours, les producteurs marginaux souffrent et le producteur médian en termes de production classée par coût de revient (dont on peut estimer le point mort autour de 60-70 dollars) n’est plus incité à investir.

Il est encore prématuré de dégager une tendance pour l’avenir proche. La faiblesse actuelle des prix annonce peut-être une restructuration voire une marginalisation à terme de la filière. Celle-ci doit déjà faire face à de réels défis en termes d’impact environnemental et d’infrastructures y compris dans les pays émergents. Mais l’on ne peut pas non plus exclure que le bas niveau des cours et sa disponibilité constituent une opportunité pour certains consommateurs et puissent au contraire relancer la demande dans l’OCDE.

Avec une maîtrise de l’impact environnemental et des rendements énergétiques plus élevés, dans le cadre de la production en cycle combiné par exemple, le charbon pourrait aussi apporter sa contribution à une offre énergétique abordable et pérenne en Europe et dans le monde.

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