Les gérants français ciblent l'Italie

le 27/03/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

BNP Paribas IP et Amundi veulent profiter du renouveau des flux de collecte dans la péninsule

L’Italie n’est pas sortie de la crise, mais son épargne suscite la convoitise des gérants français. Illustration L’Agefi.

L’Italie n’est pas sortie de la crise, mais son épargne suscite la convoitise. BNP Paribas et le Crédit Agricole comptent tirer parti de BNL et Cariparma, leurs banques de détail locales, pour vendre davantage de produits de leurs usines de gestion respectives, BNP Paribas Investment Partners (BNPP IP) et Amundi. Le marché italien est redevenu prometteur: Après une légère décollecte en janvier, les flux nets ont atteint 11,8 milliards d’euros en février, du jamais vu depuis 1998 selon Assogestioni, l'association italienne de la gestion.

Depuis janvier 2013, les fonds long terme (hors monétaire) ont même drainé 61,7 milliards d’euros en Italie. Une performance qui fait suite à plusieurs années de décollecte dans le pays, où l'industrie avait pâti de divers scandales (dette argentine, Parmalat) dans les années 2000, et qui contraste avec celle du marché français. Si les gestionnaires français veulent inverser la vapeur sur leur marché domestique, ils cherchent naturellement des relais au-delà des frontières.

En Italie, où elles concentrent moins de 10% des encours selon Assogestioni, les filiales de banques et d’assureurs et les boutiques indépendantes implantées sur place (Carmignac ou tout récemment Financière de l’Echiquier) entendent profiter de la distribution en architecture ouverte, plus développée qu’en France. BNP Paribas et le Crédit Agricole comptent en outre se différencier grâce à leurs enseignes respectives, qui constituent leur deuxième marché domestique et figurent au cœur des plans stratégiques présentés ces derniers jours.

Pour enrayer sa décollecte et drainer 40 milliards d’ici à 2016, BNPP IP mise surtout sur les institutionnels et les marchés émergents, mais souhaite aussi «créer une des trois premières plates-formes de distribution en Europe continentale». Illustration de sa stratégie multicanal, BNPP IP revendique 500 millions d’euros de collecte pour un fonds thématique sur l’eau lancé en septembre dernier chez BNL. Ce réseau pèse 50% de ses 21 milliards d’actifs dans la Péninsule, devant les institutionnels (35%) et une soixantaine de partenariats de distribution externe (15%). Pour dynamiser ce dernier segment, BNPP IP vient d’étoffer l’offre de sa sicav luxembourgoise Parvest, fer de lance de sa stratégie en Europe dont 10% des 35 milliards d’encours sont distribués en Italie.

Filiale du Crédit Agricole (75%) et de la Société Générale (25%), Amundi veut collecter 75 milliards hors de France pour atteindre 1.000 milliards d’actifs d’ici à 2016 (+29%). Il s’appuiera notamment sur ses «réseaux partenaires» comme Cariparma, qui affiche 51 milliards d’euros d’épargne hors bilan à fin 2013 (+9,6%). Le Crédit Agricole veut développer sur place son «modèle de bancassurance» et «ouvrir une activité de gestion de fortune». Très implanté dans le Nord de l’Italie, le groupe rappelle que le pays jouit d’un «niveau de patrimoine net par habitant parmi les plus élevés d’Europe» grâce à un taux d’épargne important et un «endettement des ménages égal à 65% du revenu disponible contre près de 80%» en France et en Allemagne.

Outre la croissance organique, Amundi ne s’interdit pas d’«être un acteur clé de la consolidation du secteur». Pioneer pourrait ainsi l’intéresser, si la vente de la filiale d’UniCredit était de nouveau sur la table. Natixis, qui avait regardé le dossier en 2010, envisage toujours de son côté des «acquisitions ciblées» en gestion d’actifs.

L’Italie n’est pas sortie de la crise, mais son épargne suscite la convoitise des gérants français. Illustration L’Agefi.
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L’Italie n’est pas sortie de la crise, mais son épargne suscite la convoitise des gérants français. Illustration L’Agefi.

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