CNP Assurances met en ébullition le secteur de la conservation de titres

le 21/03/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le groupe remet en jeu le mandat confié en 2004 à Caceis et qui porte sur 280 milliards d'euros d'encours. Il devrait faire son choix en juin

C’est l’appel d’offres de l’année pour l’industrie de la conservation d’actifs en France. CNP Assurances a décidé de remettre en jeu le contrat qui la lie depuis 2004 à Caceis, la filiale titres du Crédit Agricole (85%) et de Natixis (15%). Alors que ce contrat arrive à échéance en fin d’année, l’assureur a lancé un appel d’offres avec l’aide du cabinet Alenium Consultants pour sélectionner son prochain prestataire, a appris L’Agefi de sources proches du dossier. La première remise de copie est attendue pour le 4 avril. Le groupe devrait prendre sa décision «courant juin», indiquait hier un porte-parole.

Le contrat, qui concerne l’entité juridique CNP et exclut les encours des filiales étrangères, porte sur 280 milliards d’euros d’actifs à janvier 2014. Caceis sera bien sûr candidat à son renouvellement. BNP Paribas Securities Services (BP2S) et Société Générale Securities Services (SGSS), qui a gagné hier un mandat de gestion du collatéral pour CNP, devraient également déposer un dossier. De même que State Street, qui après avoir pris pied en France grâce au contrat d’externalisation signé avec Axa IM au milieu des années 2000, trouverait là l’occasion de franchir un nouveau palier dans l’Hexagone.

Pour Caceis, l’enjeu est de taille. Le contrat CNP représente environ 10% de ses actifs en conservation. Les liens sont historiques: Caceis a été en partie constitué à partir de la filière titres du groupe Caisse des dépôts, aujourd’hui actionnaire à 40% de la compagnie d’assurance. Mais ces relations anciennes n’ont pas suffi, il y a deux ans, lorsque la CDC s’est cherché un nouveau prestataire dans le post-marché pour ses propres actifs en conservation. Caceis a perdu ce contrat en avril 2012 au profit de BP2S, qui a récupéré dans l’affaire 330 milliards d’euros. L’argument tarifaire a beaucoup pesé.

Inspirée par l'exemple de son actionnaire de référence, CNP Assurances espère à son tour faire baisser le coût de cette prestation. En revanche, Caceis étant avant tout une filiale du Crédit Agricole, le dossier ne serait pas directement lié au bras de fer qui oppose la compagnie à Natixis et BPCE sur l’avenir de son accord de distribution avec le réseau Caisse d’Epargne. Sur ce point, les discussions ont discrètement repris entre tous les protagonistes du dossier et pourraient permettre à CNP de trouver des contreparties sur d’autres produits que l’assurance vie, comme la santé et la prévoyance.

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