Le trading haute fréquence est dans le collimateur des régulateurs américains

le 20/03/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La SEC et la CFTC ont toutes deux lancé des enquêtes visant le traitement privilégié accordé aux traders par les opérateurs boursiers

Les autorités américaines resserrent l’étau autour du trading à haute fréquence (THF). Après l’ouverture mardi d’une vaste enquête sur les liens entre opérateurs boursiers et plates-formes privées d’échange de type «dark pools» par le procureur général de l’Etat de New York, Eric Schneiderman, pour le compte de la SEC, le Wall Street Journal rapportait hier que le régulateur américain chargé du marché des dérivés (CFTC) se serait également penché sur le dossier.

Le CME et IntercontinentalExchange (ICE) sont ainsi suspectés de réserver un traitement privilégié aux sociétés de THF qui sont leurs clients et représentent plus de la moitié de leurs volumes de transactions. La CFTC concentre son enquête sur des programmes d’incitations qui auraient ainsi été mis en place de manière à leur offrir des rabais sur les commissions facturées par les opérateurs à leurs clients sur l’ensemble des ordres passés. Des pratiques qui contreviennent au traitement équitable qui doit être assuré à tous les types d’ investisseurs.

De son côté, Eric Schneiderman met en avant un accès privilégié accordé par le New York Stock Exchange et par le Nasdaq aux sociétés de THF à des informations qui leur auraient permis de réaliser des profits sur la base de ce qu’il appelle des «délits d’initiés 2.0». L’enquête s’étendrait également aux «dark pools», les deux plus importants étant détenus par Goldman Sachs et Credit Suisse. «Les marchés boursiers offrent un avantage d'exécution de quelques millièmes de secondes à certains intervenants», s’indigne le procureur. L’annonce troublante faite par Virtu, dans son prospectus d'introduction en Bourse, d’une seule séance de pertes de trading sur 1.238 jours a notamment jeté le trouble auprès des régulateurs sur l’avantage anticoncurrentiel pris par les sociétés de THF.

«J’en appelle aux autres régulateurs et à nos opérateurs pour prendre des mesures concrètes et pour mettre fin à certains des pires abus des prédateurs de THF», a exhorté Eric Schneiderman. Thomson Reuters a renoncé l’été dernier à leur offrir un accès aux indices de confiance avant les autres, alors que Business Wire a décidé le mois dernier d’arrêter la vente de services d’informations directes, ce qui leur octroyait la primeur face à leurs concurrents.

De son côté, BlackRock a également fait un geste en mettant fin à une enquête réalisée auprès des analystes avant la publication officielle de leurs notes.

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