Le Portugal s’approche de la fin de son programme d’aide

le 28/02/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le pays a racheté 1,32 milliard d'obligations 2014 et 2015 hier. Reste à savoir s'il pourra faire l'économie d'une ligne de crédit de précaution après mai

Fin mars, le Portugal devrait être fixé sur son sort. La Troïka rassemblant le FMI, l’Union européenne et la BCE, est censée publier à cette date ses recommandations sur la sortie du programme d’aide internationale dont bénéficie le pays. Avec comme alternative, un retour sur les marchés sans filet de sécurité, à l’image de l’Irlande, ou avec le soutien d’une ligne de crédit de précaution.

Dans l’attente, Lisbonne essaie de se placer dans les meilleures conditions. Il a racheté hier un total de 1,32 milliard d’euros d’obligations arrivant à échéance cette année et l’an prochain. «Le montant est plutôt dans le bas de la fourchette, car presque toutes les offres ont été satisfaites, notent les stratégistes taux de RBS. C’est aussi une marque de confiance dans les emprunts d’Etat portugais, d’autant que nous pensons que le gros de ces souches est détenu par des investisseurs internationaux».

Le gros des rachats (1,03 milliard) a eu lieu sur la souche octobre 2015. Une décision logique. «Comme les besoins de financement de l’Etat sont relativement élevés en 2015 à 16,1 milliards d’euros selon le Trésor portugais, plus les porteurs 2015 participeront à l’offre et plus le programme d’émission sera lissé», relevaient les économistes de Nomura avant l’opération. En 2014, les besoins de financement tournent autour de 12 milliards d’euros, mais le pays en a déjà levé plus de la moitié à travers deux syndications de dette en janvier et en février.

La plupart des observateurs estiment cependant que le Portugal ne pourra faire l’économie d’un filet de sécurité après la fin du programme d’aide en mai. Le ratio de dette publique a atteint 129,4% du PIB en 2013. Le pays reste noté en catégorie spéculative, alors que l’Irlande a retrouvé la catégorie investment grade chez Moody’s en janvier. Le Portugal ne suivra pas forcément la même trajectoire et ses perspectives de croissance restent problématiques, soulignait hier Kathrin Muehlbronner, l’analyste pays de Moody’s, citée par Bloomberg.

Enfin, le rendement à 10 ans, malgré un rally de 155 points de base en un an, demeure, à 4,77%, bien plus élevé que celui de l’Irlande (3,07%). «Avec ou sans ligne de crédit, la sortie du programme est positive, estime pour sa part Alberto Gallo, chez RBS. Les rendements n’ont pas intégré toute l’amélioration de la situation du Portugal sur l’année écoulée et constituent le meilleur couple rentabilité/risque en Europe».

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