Le marché européen des CoCos s'ouvre à de nouveaux émetteurs

le 28/02/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Santander et Danske Bank vont entamer lundi des présentations aux investisseurs pour le placement de leurs premiers titres de capital contingent AT1

L’univers des CoCos continue de s’agrandir. Santander et Danske Bank ont toutes deux en projet l’émission de leurs premiers titres de capital contingent, en l’occurrence des instruments de type additional tier 1 (AT1). La banque espagnole a mandaté Bank of Amercia Merrill Lynch, Citigroup, UBS ainsi que ses propres équipes pour entamer dès lundi prochain des présentations aux investisseurs. Le même jour, l’établissement danois et ses conseils – BoA, BNP Paribas, Goldman Sachs, HSBC et JPMorgan – commenceront eux aussi leurs roadshows.

Danske prévoit d’émettre 500 millions de titres assortis d’une option de rachat anticipé à 6 ans, et pourrait prétendre à un coupon de 6,25% à 6,50%, selon les analystes de Mizuho. Les titres seront dépréciés si le ratio de solvabilité common equity tier one (CET1) passe sous 7%. De son côté, Santander s’en tient à une formule déjà éprouvée par ses compatriotes et notamment BBVA. Les instruments, dits «low-trigger», seront convertis en actions si le CET1 tombe sous le seuil de 5,125%. La date de call est à 5 ans. Santander cible le marché en euros.

«Nous anticipons un rendement à l’émission compris entre 6,625% à 6,875%, au regard du niveau de rendement observé sur l’AT1 de BBVA (6,76% hier à la clôture) émise le 11 février dernier, avec une structure très similaire (perpétuelle non-call 5, même trigger CET1)», écrivait hier la recherche crédit de Natixis. La transaction BBVA, comme celles du Crédit Agricole ou de Barclays cette année, s’est révélée être un succès: la demande a atteint 14 milliards d’euros de la part de 600 investisseurs, ce qui a permis au groupe de lever 1,5 milliard.

L’an dernier, toutes juridictions confondues, les banques ont placé pour 18 milliards de dollars de titres AT1, selon une récente étude de Moody’s. Sous ce terme générique coexistent des instruments différents, de par leur seuil de déclenchement et leur fonctionnement (conversion, dépréciation temporaire ou permanente, etc.).

Cette année, les émissions de CoCos pourraient atteindre 20 milliards d’euros, selon les stratégistes crédit de la Société Générale. «Les banques ont aussi commencé à émettre des AT1 quand le traitement fiscal est devenu plus clair, rappelle Moody’s. Plusieurs juridictions européennes dont le Royaume-Uni, l’Espagne, la Suisse, la Suède et l’Italie ont rendu les AT1 fiscalement déductibles».

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