Le crédit aux entreprises non financières ne s'améliore guère

le 28/02/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'évolution de la masse monétaire en janvier a légèrement rebondi alors que les banques avaient jusqu'au 31 décembre pour nettoyer leur bilan

A quelques jours de la réunion mensuelle du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE), les interprétations divergent sur le sens à donner à l’évolution de la masse monétaire, même si elle est en apparence positive.

Au mois de janvier, M3 a augmenté de 1,2% sur un an, contre 1% en décembre. Cette hausse est à relativiser: en novembre 2013, M3 avait crû de 1,5%, si bien que la moyenne trimestrielle était à 1,2% en janvier contre 1,3% en décembre. Le taux de croissance des prêts aux entreprises non financières était de -2,9% en janvier (contre -3%) tandis que celui des prêts accordés aux ménages ressortait à -0,2% (contre -0,1%).

«La croissance de la masse monétaire reste très faible en dépit du léger rebond de janvier. Les prêts des banques aux entreprises non financières ne montrent toujours pas de signes d’amélioration alors que la reprise économique dure depuis presque un an maintenant», résume Thomas Harjes, économiste chez Barclays. L’économiste de JPMorgan Greg Fuzesi se veut plus optimiste: «dans l’ensemble, nous pensons que ces données sont légèrement encourageantes, notamment parce que le sondage trimestriel sur le crédit de la BCE (Bank Lending Survey) était assez bon en janvier et que les prêts ont tendance à suivre la reprise», écrit-il.

«Il ne semble pas que la date butoir de la revue de qualité des actifs (AQR) fixée à la fin 2013 ait été un facteur majeur de frein pour la dynamique du crédit dans les derniers mois de l’année dernière», insiste en tous cas l’économiste d’UniCredit, Loredana Federico, agréablement surprise par les données publiées hier. Les banques ont sensiblement réduit leur bilan à la fin de 2013 alors que la BCE a décidé de baser l’AQR sur les bilans du 31 décembre dernier. «La moitié de la baisse a été regagnée», souligne Greg Fuzesi. Tandis que 66 milliards d’euros de titres souverains avaient été soldés en décembre, 48 milliards d’euros ont été achetés en janvier. Le mouvement de vente et d'achat a été marqué en France et en Espagne mais peu perceptible en Allemagne.

«La surprise vient des banques italiennes qui ont été vendeuses nettes de dette domestique en janvier, alors que les banques espagnoles ont repris environ 40% de la dette domestique vendue au deuxième semestre de 2013», écrivent les analystes de RBS. Et d’avancer: «cela pourrait être lié aux importantes tombées obligataires de décembre et janvier qui, ensemble, ont totalisé 31 milliards d’euros».

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