Londres renforce la supervision des succursales de banques non européennes

le 27/02/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L’initiative devrait notamment favoriser l’implantation de banques chinoises à la condition qu’elles opèrent dans les services bancaires de gros

Annoncée en octobre dernier par Andrew Bailey, directeur général de l’autorité de supervision prudentielle, la PRA, la réforme de l’encadrement des succursales de banques étrangères au Royaume-Uni a marqué hier un pas décisif. La PRA, qui dépend de la Banque d’Angleterre, a en effet soumis à consultation une nouvelle réglementation visant à contraindre les succursales de banques n’appartenant pas à l’Espace économique européen et installées dans le pays à se soumettre à un certain nombre d’obligations.

Afin de mieux comprendre l’impact de ces succursales sur la stabilité financière du pays, la PRA souhaite désormais s’assurer que la supervision exercée dans le pays d’origine soit équivalente à celle qu’elle pratique elle-même. Il faudra aussi que les succursales puissent démontrer qu’elles disposent d’un plan de résolution afin de ne pas mettre en danger la stabilité financière du Royaume-Uni. Si ces conditions ne sont pas réunies, la PRA se réserve le droit de refuser l’entrée de ces établissements outre-Manche.

En apparence plus sévère, cette nouvelle règle tente d’établir un juste équilibre entre le désir d’ouverture du gouvernement Cameron à l’égard des banques étrangères, et chinoises en particulier, tout en préservant le Royaume-Uni d’éventuelles crises bancaires venues d’ailleurs.

Désireux de transformer la City en plaque tournante offshore du yuan, le chancelier de l’Echiquier George Osborne s’était engagé en retour en octobre à permettre aux banques chinoises d’ouvrir des succursales, un statut détenu jusqu’alors uniquement par Bank of China. Le statut de filiales est en effet beaucoup plus coûteux dans la mesure où ces établissements doivent avoir leurs propres réserves en capital et en liquidité. La PRA a cependant posé ses conditions, qui s’appliqueront à la fois aux structures existantes et aux nouvelles : les succursales sont ainsi invitées à se concentrer sur des activités bancaires de gros au détriment d’activités de réseaux trop développées, susceptibles de faire porter un risque à l’économie britannique et au contribuable par la garantie des dépôts.

Les banques chinoises ne sont pas les seules concernées. A l’heure actuelle, le Royaume-Uni compte 145 succursales de banques internationales, recouvrant quelque 31% du total des actifs du système bancaire britannique, équivalent à près de 160% du PIB annuel du pays.

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