Les députés européens appellent à des changements dans le fonctionnement de la Troïka

le 27/02/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Ils ont adopté un rapport relevant certains dysfonctionnements du groupe formé par la BCE, le FMI et la Commission pour gérer la crise en zone euro

Les députés européens proposent à la Troïka de faire un examen de conscience. Au début de la semaine, les membres de la commission des affaires économiques et monétaires ont adopté un rapport mettant en évidence des faiblesses et dysfonctionnements du groupe formé par le Fonds monétaire international, la Commission et la Banque centrale européennes pour mettre en œuvre les plans de sauvetage des pays européens périphériques.

Le projet de rapport d’enquête, qui a été publié en décembre et amendé depuis, a été rédigé par les députés Othmar Karas et Liem Hoang Ngoc. Il convient que la Troïka a été «confrontée à un défi immense». Créée en 2010, alors que la Grèce était en déroute, elle a dû intervenir en Irlande, au Portugal, à Chypre alors que «la crainte d’une dissolution de la zone euro était palpable». Il reconnaît aussi que le programme irlandais a plutôt réussi car il s’est soldé par un retour du pays sur les marchés. Au contraire, le premier programme grec a dû être revu, n’ayant pas «empêché un défaut ordonné ni une contagion de la crise à d’autres Etats membres». «Ne blâmons pas les pompiers pour les dégâts causés par le feu», a cependant plaidé Benoît Coeuré, membre du directoire de la BCE, lors d’une des auditions réalisées par les élus.

«La Troïka était le meilleur outil disponible dans les circonstances données», a fait valoir le banquier central. «Elle fonctionne raisonnablement bien dans des conditions difficiles», a défendu de son côté le vice-président de la Commission, Olli Rehn. Le rapport, qui devrait être débattu en séance plénière en mars regrette notamment «le manque de transparence dans les négociations relatives aux protocoles d’accord», déplore «les hypothèses parfois trop optimistes de la Troïka notamment en ce qui concerne la croissance» et estime qu’il n’a pas été «accordé suffisamment d’attention à l’atténuation des conséquences néfastes des stratégies d’ajustement».

Les députés de la commission des affaires économiques et monétaires regrettent le fait que les parlements n’aient pas été suffisamment entendus lors de la négociation des protocoles d’accord et veulent qu’on leur garantisse un contrôle démocratique. Compte tenu des rôles différents tenus par chaque institution au sein de la Troïka, ils jugent important d’établir des règles claires et transparentes de fonctionnement entre ses membres et invitent cette dernière à revoir sa stratégie de communication.

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