Le bitcoin est ébranlé par la fermeture de sa principale place de marché

le 26/02/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

A la merci de «hackers», Mt.Gox a suspendu ses opérations. Un nouveau revers pour la monnaie virtuelle, dont le développement paraît fragilisé

L'affaire Mt.Gox tombe mal pour le bitcoin, alors que les régulateurs commencent à se pencher sur la monnaie virtuelle. Photo Bloomberg.

Bourrasque sur le marché du bitcoin. La valeur de la monnaie virtuelle a perdu jusqu'à 15% hier, selon Coin Desk, qui compile les données des principales plates-formes de négociation. Son cours est descendu à 464 dollars, contre un plus haut de 1.151 dollars atteint début décembre 2013.

A l'origine de cette secousse : la mise hors-ligne de Mt.Gox, un pionnier dans le trading du bitcoin, qui avait annoncé courant février avoir identifié une faille de sécurité, laissant l'infrastructure à la merci de «hackers». La plate-forme avait alors suspendu toute possibilité de retrait, déclenchant la colère de ses utilisateurs.

Dans un courriel adressé à Reuters, le directeur général de Mt.Gox, Mark Karpelès, a toutefois indiqué que le site était «à un tournant de son histoire», sans livrer plus de précisions. Ce dernier a démissionné de la «Bitcoin Foundation», l'organisation chargée de «standardiser, protéger et promouvoir» la monnaie.

L'affaire Mt.Gox tombe mal pour le bitcoin, alors que les régulateurs commencent à s'intéresser de plus près au phénomène. Six plates-formes sont montées hier au créneau pour se désolidariser de leur consœur nippone et la présenter comme un cas isolé. «Cette violation tragique de la confiance des utilisateurs de Mt.Gox est le résultat des agissements d'une seule société et ne reflète pas la résilience ou la valeur du bitcoin, ainsi que l'industrie des monnaies virtuelles», a commenté Coinbase dans un communiqué, approuvé par ses homologues Kraken, BitStamp, Circle et BTC China.

Pour Christopher Dembik, analyste financier chez Saxo Banque, ce dérapage n'est guère surprenant. «Le marché du bitcoin ne repose pas sur des fondamentaux, se situe en dehors du champ de toute régulation et n'échappe pas à un schéma de Ponzi, par lequel un petit groupe d'investisseurs peut influer sur les prix», explique-t-il. Une opacité qui remonte d'ailleurs aux origines de la monnaie, ses créateurs restant nimbés d'un halo de mystère. 

Avec ce coup porté au bitcoin, son dauphin créé en 2011 - le litcoin - pourrait gagner en popularité. En tant que telle, «la monnaie virtuelle a un potentiel à terme, estime Christopher Dembik. Son développement viendra peut-être d'une régulation au niveau européen, voire du Fonds monétaire international, qui assez curieusement, ne s'est pas encore saisi du sujet».

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