Les banques souscrivent en masse au premier emprunt 2014 du MES

le 26/02/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le Mécanisme européen de stabilité a levé 6 milliards à 7 ans hier, au-dessus de son objectif, dont 55% placés auprès du secteur bancaire

Le Mécanisme européen de stabilité (MES) entame son programme d’émission 2014 comme il avait terminé 2013. Après les deux emprunts benchmarks à 5 ans et 10 ans lancés en octobre et novembre derniers, le fonds de secours a levé hier 6 milliards d’euros à 7 ans en bénéficiant à nouveau d’une forte demande. CA CIB, Goldman Sachs et SG CIB ont dirigé le placement.

«Le choix d’une émission à 7 ans, une maturité classique entre le 5 ans et le 10 ans, correspondait à la fois à nos besoins et à la demande des investisseurs, qui sont prêts à aller sur des échéances un peu longues pour chercher du rendement», explique Christophe Frankel, directeur général délégué du MES. Les titres ont été placés à un coupon de 1,375% et à un rendement de 1,514%.

L’objectif du MES était de lever 5 milliards d’euros au premier trimestre, sur un programme de financement à moyen et long terme fixé à 17 milliards pour l’année. La vigueur de la demande, avec un livre d’ordres qui a atteint 9,6 milliards, a conduit l’institution à relever à 6 milliards la taille de son emprunt. Elle devrait donc ajuster à la baisse son programme pour le reste de l’année, qui prévoyait 5 milliards d’euros d’émissions au deuxième trimestre et 7 milliards au dernier trimestre. Le Mécanisme européen de stabilité, qui attend d’ici à fin avril le versement de la cinquième et dernière tranche de son capital de 80 milliards d’euros, utilise les fonds levés sur les marchés pour renflouer Chypre et pour refinancer une partie des titres à court terme ayant servi à recapitaliser les banques espagnoles.

«La demande pour les emprunts souverains et supranationaux de la zone euro reste très élevée et je ne vois pas à ce stade de raison particulière pour que la tendance s’inverse», indique Christophe Frankel. Le secteur bancaire a été hier le plus gourmand: il a représenté 55% des tickets alloués. Comme ceux de son prédécesseur, le FESF, les titres du MES sont classés par les superviseurs dans la catégorie des actifs les plus liquides que les banques peuvent détenir pour respecter leurs ratios Bâle 3.

Les banques centrales (30%), gérants d’actifs (12%) et assureurs et fonds de pension (3%), ont complété hier la demande.

Par régions, les investisseurs de la zone euro ont souscrit 64% du papier, devant l’Asie (25%), la Grande-Bretagne et la Suisse (8%) et le reste de l’Europe hors zone euro (3%).

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