La Chine maintient la pression sur le marché interbancaire

le 11/02/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La Banque Populaire de Chine a officialisé sa volonté de mettre un terme au modèle d'endettement excessif, et demande aux banques de s'y adapter

Les autorités chinoises imposent à marche forcée le durcissement des conditions de crédit. Le régulateur bancaire (CBRC) a émis une ordonnance contraignant les plus petits établissements bancaires du pays, qui sont les plus exposés au «shadow banking», à renforcer leurs capitaux propres dès cette année, selon Bloomberg. La CBRC aurait même réclamé à certaines banques d’être en mesure de détenir un montant de fonds propres suffisants pour assurer leurs besoins de refinancement à court terme sur une période de 30 à 45 jours.

La Banque Populaire de Chine (PBOC) avait étendu le mois dernier sa facilité de prêts à ce type de prêteurs de manière à leur éviter une crise de liquidités et assurer leurs échéances de refinancement dans un contexte de tensions persistantes sur le marché monétaire. Ce week-end, la PBOC a confirmé officiellement dans son rapport trimestriel de politique monétaire son biais clairement restrictif. «Lorsque le robinet de liquidités commence à se tarir et à mettre un frein à la croissance excessive de crédit, il est logique que cela se reflète sur le niveau des taux monétaires, et du coût de la liquidité».

Si elle s’engage à maintenir un niveau de liquidités «approprié», elle alerte sur les excès passés «d’emprunts massifs et de constructions réalisées par les gouvernements locaux» qui «conduisent facilement à une hausse de l’endettement et à un gel des crédits pour certains acteurs, tels que les PME». La PBOC ne soutiendra plus le modèle de crédits et d’investissements excessifs qui fait aujourd’hui courir un risque à l’économie du pays.

Le taux Shibor à 7 jours se tendait légèrement hier à 5,30%. A 4,44%, le rendement des obligations d’Etat à 10 ans se maintient sur ses plus hauts niveaux atteints en 2007, même dépassés fin novembre. «La PBOC semble déterminée à maintenir sa politique de restriction de liquidités jusqu’à ce que les banques ralentissent leur niveau de distribution de crédit», estime Dariusz Kowalczyk, stratégiste chez CA CIB.

Depuis le sauvetage fin janvier du produit de gestion de fortune commercialisé par ICBC, la différence entre le rendement moyen des titres notés AA et ceux notés AAA a progressé de 27 pb pour atteindre 224 pb, un plus haut depuis juin 2012.  Dans ce contexte, la PBOC compte suivre de près les risques de défaut des véhicules financiers des collectivités, des secteurs en surcapacité et du marché immobilier.

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