La chute du marché actions japonais met la pression sur la BoJ

le 05/02/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Après une hausse record de 57% en 2013, l'indice Nikkei corrige de plus de 13% depuis le début de l'année et le yen confirme son rebond

Les années se suivent et ne se ressemblent pas pour les marchés japonais. Après avoir été la star mondiale sur 2013 avec une hausse record depuis 1972 de 57%, l’indice Nikkei enregistre une correction sévère de 13,4% depuis le début de l’année. Dans un contexte marqué par une perte de valeur des actions mondiales de 2.900 milliards de dollars sur fond de crise des pays émergents, de tapering de la Fed et de ralentissement de la croissance chinoise, le marché nippon fait figure d’épouvantail.

La baisse de l’indice S&P 500 a été limitée à 6% depuis le début de l’année, celle de l’Euro Stoxx à 5%. Les indices japonais sous-performent même l’Ibovespa brésilien et le Hang Seng hongkongais, en retrait respectivement de 10% et 8% sur 2014.

Sur la seule séance de lundi, le Nikkei a chuté de 4,18% pour tomber à 14.008,47 points, son plus faible niveau depuis près de quatre mois. Et ceci malgré des taux d’intérêt réels qui s’enfoncent en territoire négatif. Avec la hausse du niveau d’inflation au Japon, cumulée à la chute du rendement des obligations d’Etat à 10 ans de 13 pb depuis le début de l’année, à 0,60%, les taux d’intérêt réels ont chuté à -100 pb. Une tendance qui devrait pourtant pousser les investisseurs vers les actifs plus risqués, tels que les actions.

«La dernière fois que le Nikkei s’échangeait en dessous du seuil de 14.000 points, le cours du dollar-yen était sous les 97, et la corrélation entre la parité et le marché actions est suffisamment forte pour en faire un objectif avec la réduction des positions courtes sur le yen», explique SG CIB. La fuite vers la qualité a déjà conduit à une appréciation du yen de 4% contre dollar depuis début janvier, à 101,3. La hausse atteint 6% contre euro, 5,5% contre la livre sterling, et même 7% contre le real brésilien, 5% contre la roupie indienne et 11% contre le rouble.

Dans ce contexte, le discours prononcé demain par le directeur adjoint de la BoJ, Kikuo Iwata, sera l’occasion d’avoir le point de vue de l’autorité, avant sa prochaine réunion des 17 et 18 février, sur ces évolutions qui viennent contrecarrer ses objectifs. Si Kikuo Iwata optait pour un discours accommodant, «un renforcement du programme de rachats d’actifs deviendrait plus réaliste», estime Citigroup. Parnassus Investment Strategies évoque notamment la posssibilité d’une augmentation des rachats d’ETF pour maintenir le Nikkei au-dessus du seuil symbolique des 14.000 points.

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