Le Panel Agefi parie sur un statu quo de la BCE jeudi

le 03/02/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

BNP Paribas est le seul établissement à anticiper une baisse du taux de refinancement à 0,10%

Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne (BCE). Photo Bloomberg.

Le Panel Taux de L’Agefi parie quasi unanimement sur le fait que le conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) maintiendra son taux de refinancement inchangé à 0,25% à sa prochaine réunion qui se tiendra jeudi. Les panélistes dans leur ensemble anticipent même une prolongation du statu quo sur les six prochains mois, à l’exception de BNP Paribas. Les économistes de la banque de la rue d’Antin parient sur une baisse du principal taux directeur dans les trois prochains mois à 0,10%, puis un maintien ensuite à ce niveau.

Des prévisions qui coïncident avec la poursuite du mouvement de détente sur les rendements des pays périphériques et des pays «cœur» depuis le début de la crise qui touche les économies émergentes. Profitant d’un mouvement de fuite vers la qualité des investisseurs, le rendement des obligations françaises et allemandes à 10 ans affiche une baisse de 33 et 25 points de base (pb) depuis le 9 janvier, à 2,24% et 1,66% respectivement. Pourtant, les panélistes prévoient en moyenne une hausse du Bund allemand à 1,94% d’ici trois mois et 2,12% dans six mois.

Les taux à 10 ans espagnols et italiens et portugais sont revenus à respectivement 3,67%, 3,80% et 5,03%, soit une baisse de 54, 41 et 93 pb depuis le 27 décembre. Même tendance sur le taux irlandais qui a profité du retour du pays en catégorie investissement de la part des trois grandes agences de notation, avec un taux à 10 ans en recul de 20 pb depuis mi-janvier, à 3,30%. «L’Espagne et l’Irlande récoltent les fruits de leurs efforts de réforme et de transparence», estime RBS. Seule la Grèce a vu ses taux à 10 ans remonter de 90 pb depuis mi-janvier pour atteindre 8,43%.

«Pour l’instant, les signes croissants de reprise de l’activité fournissent un argument à la BCE pour conserver ses cartouches la semaine prochaine», estime ING. Barclays table sur un retour à la croissance du PIB espagnol cette année à 1%, après une contraction de 1,2% en 2013. «L’équilibre des risques s’est légèrement amélioré: le resserrement des spreads entraîne un moindre coût de financement des secteurs financiers et non financiers, et ainsi de meilleures conditions de financement pour l’économie réelle», ajoute la banque. La BCE prévoit, elle, une croissance de 1,1% cette année et 1,5% en 2015 au sein de la zone.

Pourtant, le risque de déflation plane toujours sur la zone euro. Les chiffres publiés vendredi font état d’un ralentissement de la hausse des prix à la consommation au sein des économies de la zone, à 0,7% en janvier, alors que le consensus tablait sur un léger rebond, à 0,9%. L’inflation sous-jacente ne progresse quant à elle que marginalement à 0,8%. En Espagne, elle se rapproche même de zéro, à 0,2%, et se propage à l’économie allemande, avec un ralentissement de la hausse des prix à 1,3%. La stabilité de la parité de l’euro contre dollar à 1,34 prévue par les panélistes ne devrait pas en outre relâcher les pressions désinflationnistes.

La BCE anticipe une inflation moyenne de 1,1% sur l'année 2014. Une prévision optimiste, selon Deutsche Bank qui craint une contagion de la désinflation aux pays cœur de la zone. «Compte tenu de la faible croissance de l’inflation et de la masse monétaire, la pression s’accroît sur la BCE pour qu’elle prenne de nouvelles mesures», ajoute BNP Paribas. Commerzbank, Deutsche Bank et Barclays ont changé leur pronostic et prédisent à présent une baisse du taux de refinancement à 0,10% jeudi et une baisse du taux de dépôt à -0,10%. D’autant que «les taux monétaires n’ont pas reflué en janvier et se sont avérés volatils», comme l’indique SG CIB.

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