La Place de Hong Kong veut renforcer sa compétitivité pour bénéficier des réformes chinoises

le 16/01/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les autorités préparent les réformes réglementaires nécessaires mais se plaignent de l'interférence des régulations européennes et américaines

Les craintes de l’extraterritorialité des régulations financières ne concernent pas que les régulateurs européens. Les acteurs financiers asiatiques sont vent debout face à l'impact des régulations américaines et européennes sur les marchés asiatiques.

«Une taille unique ne convient pas à tout le monde», a martelé Carlson Tong, le chairman de la Securities and Futures Commission (SFC) de Hong Kong lors de l'ouverture du 7e Financial Asia Forum qui s'est tenu du 13 au 15 janvier à Hong Kong. Carlson Tong a bien sûr insisté sur la nécessité de mettre en œuvre des réformes, notamment concernant les établissements systémiques et les dérivés, dans l'esprit du G20. «Mais les régulateurs internationaux doivent prendre en compte le fait que tous les marchés n'en sont pas au même stade de développement, et doivent adopter une approche réaliste.»

La SFC compte faire entendre la voix de l'Asie dans les institutions internationales, en particulier au sein de Iosco, l’organisation internationale des gendarmes des marchés, sur la coopération transfrontalière. Vue d'Asie, la réglementation européenne sur les dérivés, Emir, est un sujet d'inquiétude, celle-ci étant jugée complexe, trop bureaucratique et ne correspondant pas au niveau de développement du marchés des dérivés en Asie. La plupart des intervenants ont souligné la lenteur de mise en place des régulations, et la difficulté de devoir se conformer à la fois aux réglementations européennes et américaines, qui elles-mêmes ne sont pas cohérentes et risquent de conduire à une plus grande fragmentation des marchés.

En attendant, la Place de Hong Kong compte bien continuer à développer ses infrastructures et ses capacités financières, afin de saisir les opportunités offertes par l'ouverture de la Chine et l'internationalisation du renminbi. «Hong Kong est le principal bénéficiaire des avancées de la Chine, mais le risque est que la Chine change trop vite, a expliqué Dr Li Xiaojia, le directeur général du Hong Kong Exchanges and Clearing. Nous devons proposer les solutions pour rester la plate-forme de référence pour les opérations en renminbi».

K.C. Chan, secrétaire pour les services financiers et le Trésor de la région administrative spéciale de Hong Kong a aussi annoncé le lancement d'une consultation afin de faciliter les opérations des fonds de private equity et la création de fonds domiciliés à Hong Kong.

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