Les pays émergents restent exposés à une nouvelle crise de capitaux

le 16/01/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La Banque mondiale estime qu'une crise désordonnée pourrait conduire à une chute des entrées de capitaux de 80% dans les économies émergentes

Les pays émergents ne sont pas à l'abri d'une nouvelle crise de capitaux. Photo: PHB

Les marchés émergents se dirigent-ils vers une nouvelle crise? Même si elle considère que les retraits de liquidités de la part des grandes banques centrales internationales devraient se faire de manière progressive et ainsi avoir un impact «modéré» sur les économies émergentes, la Banque mondiale alerte néanmoins dans un rapport publié hier sur le fait que «dans un scénario d’ajustement désordonné, les entrées de capitaux dans les pays en développement pourraient chuter de près de 80% durant plusieurs mois, pour tomber à environ 0,6% de leur PIB».

La simple évocation faite par la Fed en mai dernier d’un prochain ralentissement du montant de ses rachats d’actifs a conduit à des retraits de capitaux de la part des investisseurs de quelque 64 milliards de dollars entre juin et août, découlant de la hausse de 100 pb du taux américain à 10 ans. Or, selon les calculs de la banque mondiale, les facteurs internationaux, et notamment l’évolution des taux américains, expliquent environ 60% de l’augmentation des entrées de capitaux enregistrés par les pays émergents entre les années 2009 et 2013.

«Près d’un quart des pays en développement pourraient être confrontés à un arrêt brutal de leur accès aux capitaux internationaux, ce qui augmenterait ainsi fortement la probabilité d’une instabilité économique et financière», ajoute l'institution. Les pays à revenus intermédiaires avec des marchés financiers développés et des déséquilibres domestiques sont les plus à risques (Afrique du Sud, Turquie, Brésil, Inde et Indonésie).

«Le répit constaté sur le marché des changes des pays émergents aura été temporaire, les devises les plus fragiles étant à nouveau sous pression», constate Barclays. La livre turque est au plus bas. Après une accalmie constatée après fin août, le réal brésilien a ainsi cédé 10% depuis mi-octobre, propulsant l’inflation à un niveau proche de 6%. De quoi contraindre la banque centrale brésilienne à relever une nouvelle fois le taux Selic hier de 50 pb pour le porter à 10,50%.

En début de semaine, la banque centrale indienne a annoncé un assouplissement de la comptabilisation des positions prises par les exportateurs du pays sur les marchés à terme des devises, qui devrait conduire à «une amélioration de la liquidité et une possible appréciation de la roupie», selon Barclays. Malgré une stabilisation depuis septembre dernier, la roupie indienne s’est dépréciée de 15% depuis mai.

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