Les investisseurs internationaux reviennent vers la dette périphérique

le 13/01/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les carnets d'ordres pour les adjudications de dette portugaise et espagnole révèlent une forte demande de la part des investisseurs étrangers

Les pays périphériques retrouvent du crédit. Sur les 11,2 milliards d’euros d’ordres réunis par le Trésor portugais lors de l’adjudication réalisée jeudi dernier et qui lui a permis de lever 3,25 milliards, 88,2% des titres auraient été placés auprès d’investisseurs étrangers, selon les données fournies par la Société Générale qui a participé à l’opération, avec Barclays, Caixa-Banco de Investimento, Goldman Sachs, HSBC, et Morgan Stanley.

Près de 280 investisseurs ont participé à l’opération, les Britanniques ayant accaparé 38,3% du montant total, les Scandinaves 8,9%, les Allemands, Suisses et Autrichiens 7,5%, alors que les Français et les Américains ont pris une part de 7,4% chacun. Les gérants d’actifs ont été les plus gourmands avec 61% du volume, devant les assureurs et fonds de retraite avec 15%, et les banques avec 13%. «Le resserrement progressif et significatif des spreads sur la courbe de taux portugaise, les retours positifs des investisseurs, les notes optimistes sur le marché européen, et une offre compétitive ont ouvert une fenêtre attractive d’émission pour le pays», explique la SG.

Une forte demande qui a permis au pays de payer un taux de 4,657%, soit une marge de 330 pb par rapport au taux mid-swap. «Payer 4,657% sur de la dette à 5 ans qui se traitait autour de 5,4% fin décembre reflète toute la confiance des investisseurs pour les perspectives de rendements au Portugal», ajoute Fabianna del Canto, de Barclays qui a participé à l’opération.

Pour sa première émission de l’année, l’Espagne a également réussi à placer 5,3 milliards d’euros, un montant plus important que prévu grâce à une forte demande. Le taux maximum consenti, de 2,41%, est en outre inférieur à celui de la précédente adjudication, de 2,64%. «L’Espagne démontre le mieux comment l’amélioration des perspectives économiques rend un pays plus attractif pour les investisseurs domestiques, mais surtout étrangers», estime Barclays.

Plus significatif encore : ces conditions ont même permis aux banques espagnoles qui ont reçu une perfusion de l'Etat de revenir sur les marchés. Grâce à un carnet d’ordres de 3,5 milliards d’euros, Bankia a ainsi réussi à lever un milliard lors d’une émission non sécurisée à 5 ans à un rendement de seulement 3,61%. Une autre banque sauvée par l’Etat, Banco Mare Nostrum, a levé 500 millions lors d’une émission de «covered bonds» grâce à des ordres totaux de 1,5 milliard.

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