Les inquiétudes grandissent sur les perspectives de l'économie brésilienne

le 13/01/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le resserrement de la politique monétaire dans le pays n'a pas empêché l'inflation d'atteindre 5,9%, entraînant une hausse du coût de financement

Les mauvais signes s’accumulent pour l’économie brésilienne. Vendredi, les chiffres de l’inflation sont ressortis en hausse à 5,91% à fin décembre 2013, et ceci malgré la politique de resserrement monétaire conduite par la banque centrale et qui a mené à 275 pb de hausse du taux directeur Selic sur l’année. Une tendance qui pourrait se poursuivre, alors que la hausse des prix administrés devra passer d’une moyenne de 1,5% à 4,5% en 2014, et que le real s’est déprécié de 7,7% sur les trois derniers mois contre dollar.

Moody’s et S&P ont tous deux alerté sur les risques de dégradation de la note BBB du pays, qui fait face à un ralentissement de sa croissance économique et à une progression de son déficit public. Le niveau des CDS à 5 ans est d’ailleurs supérieur de 100 pb à celui du Mexique, dont la note a été relevée à BBB+ par S&P, et de 70 pb à celui de la Colombie, également notée BBB. De quoi faire grimper les taux de swap à 2 ans à 11,73%.

Jeudi, le Trésor a d’ailleurs adjugé 1,64 milliard de réaux (500 millions d’euros) à un taux de 13,39% sur des obligations ayant pour maturité janvier 2025, qui deviendront les nouveaux titres de référence à 10 ans. Si ce niveau est légèrement inférieur aux 13,5% anticipés par le consensus, il s’agit du rendement le plus élevé jamais consenti par le pays lors d’une émission, et bien supérieur au taux Selic, actuellement de 10%. La précédente obligation de référence à 10 ans avait été adjugée en 2012 à un taux de 11,55%. «Il s’agit d’une mauvaise nouvelle, d’autant qu’il est peu probable que le gouvernement puisse espérer payer des rendements inférieurs à court terme», ajoute en outre André Santoro, analyste au sein de la société de gestion Brasif.

Un jour plus tôt, la banque centrale avait déjà indiqué que l’économie brésilienne avait connu en 2013 ses plus fortes sorties de capitaux depuis 2002, de 12,26 milliards de dollars, après des entrées de 16,75 milliards en 2012 et de près de 65 milliards en 2011.

Des sorties certes à mettre sur le compte du ralentissement des rachats d’actifs par la Fed. Si entre mars et mai, 14,66 milliards de dollars de capitaux sont entrés dans le pays, et près de 11 milliards sur le seul mois de mai, depuis la première évocation du «tapering» de la Fed le 21 mai dernier, le Brésil a accusé des sorties de capitaux en dollars sur six des sept derniers mois de l’année dernière.

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