«Le dollar devrait être le grand gagnant de l'année parmi les grandes devises»

le 13/01/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Jean-Louis Mourier, économiste chez Aurel BGC

- L'Agefi : Quel est l’impact de la fin progressive de l'assouplissement quantitatif américain (tapering) sur l’euro/dollar ?

- Jean-Louis Mourier : Le tapering est haussier dollar, pour trois raisons. Premièrement, la réduction des achats d’obligations se traduit par une hausse du différentiel de taux à moyen et long termes entre les deux rives de l’Atlantique. La diminution des injections de dollars dans les marchés peut aussi provoquer une appréciation «mécanique» du billet vert, notamment face à l’euro. Deuxièmement, ce tapering consacre la prise en compte par la Fed de l’amélioration de la conjoncture. De fait, l’écart de croissance entre Etats-Unis et zone euro resterait important, voire augmenterait cette année. Enfin, malgré toutes les précautions des banquiers centraux américains,impossible d'empêcher que se forment des anticipations de prochaine hausse des taux directeurs. Surtout si l’inflation se redresse, même modérément.

- Comment voyez-vous évoluer la parité dollar/yen à six mois ?

- Le dollar devrait être le «grand gagnant» de l’année, au moins parmi les grandes devises. Il devrait donc s’apprécier encore face au yen, hausse qui devrait se concentrer sur la première partie de l’année. La reprise de l’économie japonaise nous paraît, en effet, plus solide que généralement estimé. Elle devrait, notamment, être en situation d’absorber le choc de la hausse de trois points de la taxe sur les ventes, prévue le 1er avril. Une contraction marquée de la consommation des ménages au deuxième trimestre semble inévitable. Mais elle devrait rester ponctuelle. Le yen devrait, par conséquent s’apprécier progressivement à partir de la fin du deuxième trimestre.

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