Le Portugal hésite à demander une ligne de précaution aux Européens

le 03/01/2014 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Le président portugais ne croit pas à un second plan de sauvetage du pays mais n'écarte pas l'idée d'une aide à titre préventif

Lisbonne réfléchit toujours à demander à ses partenaires européens un filet de sécurité pour revenir sereinement sur les marchés financiers alors que son programme d'aide aura pris fin en juin prochain et que des mesures d'ajustement budgétaires ont été retoquées par les juges.

«Il y a des raisons de croire que le Portugal n’aura pas besoin d’un second plan de sauvetage», a expliqué le président, Anibal Cavaco Silva, lors de ses vœux de bonne année. Au printemps 2011, les Européens et le Fonds monétaire international (FMI) ont accordé une enveloppe d’aide de 78 milliards d’euros à Lisbonne. A l'issue de son programme d'aide, le pays pourrait recourir à une ligne de crédit de précaution accordée par le Mécanisme européen de stabilité. «Un programme de précaution est une réalité différente», a fait valoir le chef de l’Etat, dont les pouvoirs sont limités par la constitution. «Nous pourrons compter sur nos partenaires européens», a-t-il ajouté.

En décembre, le patron de l’agence de la dette portugaise a assuré que son pays retournerait sur les marchés dès le début de 2014 pour satisfaire quelque 7 milliards d’euros de besoins de financement cette année. Le Portugal a d’ores et déjà réduit ses besoins de financement et testé les marchés avec succès il y a un mois en échangeant de la dette arrivant à maturité en 2014 et 2015 contre des titres arrivant à échéance près de trois ans plus tard.

Hier, les taux portugais à dix ans s'élevaient à 5,7%, en baisse de près de 11 points de base. Ils avaient atteint leur plus bas niveau depuis l’obtention du plan de sauvetage, en mai dernier, à 5,163%. Le Portugal, dont la dette devrait frôler les 128% du PIB cette année s’est engagé à ramener son déficit public de 5,5% à la fin de 2013 à 4% du PIB à la fin de 2014. Cet objectif a été cependant remis en cause à la fin du mois dernier lorsque la Cour constitutionnelle a jugé que le gouvernement ne pouvait pas abaisser les salaires des fonctionnaires de 10%. La mesure devait rapporter 728 millions d’euros au pays.

Même si le président n’a pas exprimé le souhait que d’autres mesures du budget 2014 soient examinées par la Cour constitutionnelle, les analystes de Citi estiment qu’«il y a toujours de grandes chances que les partis d’opposition renvoient certaines mesures budgétaires clés devant la Cour constitutionnelle» Or, «une décision contre les coupes dans les dépenses pourrait menacer la capacité du Portugal à retrouver les marchés avant la fin du programme d’aide».

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