Les volumes de titrisations en Europe pourraient progresser en 2014

le 18/12/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Après une année contrastée, les analystes restent prudents sur les perspectives compte tenu de l'impact de la régulation sur le secteur

L’année 2013 aura été très contrastée sur le marché de la titrisation européen. Même si le volume des émissions apparaît une nouvelle fois en baisse par rapport à l’année précédente pour toucher un plus bas depuis le début de la crise, certaines classes d’actifs ont réalisé un retour marqué, comme les CLO. Les analystes envisagent cependant une progression des émissions l'année prochaine.

Avec 128 milliards d’euros de titres adossés à des actifs émis entre le début de l’année et la fin du mois de novembre, le volume d’émission est en recul de près de 35% par rapport à 2012, selon Natixis. Ce repli s’explique, entre autres, par le programme britannique de soutien à l’économie (Funding For Lending Scheme). Il a rendu les émissions des RMBS moins attractives pour les banques alors que c’est normalement la classe d'actif la plus dynamique.

En dépit de ce ralentissement, certains signes sont plutôt positifs pour le marché. Les banques utilisent moins la titrisation pour se refinancer auprès de la BCE. Les volumes placés ont atteint près de 50 milliards d’euros. Qui plus est, le nombre de titrisations de prêts à la consommation, de cartes de crédit ou les émissions de CMBS ont été plus nombreuses. Certains pays périphériques ont fait leur retour sur les marchés, tandis que les CLO ont fleuri après cinq ans d’absence.

Pour la recherche de Natixis, la reprise économique et la baisse du taux de chômage, qui pourraient se concrétiser dans certains pays européens, ainsi que le recentrage du FLS sur les prêts aux PME «pourront conduire à des volumes d’émissions en 2014 supérieurs à ceux de 2013». Selon les analystes de Barclays, les émissions publiques de  l’année prochaine devraient atteindre un niveau supérieur à celui de 2013, à 55 milliards d’euros. Ils ne s’attendent pas à un retour des RMBS britanniques mais à une résurgence des CMBS et des ABS PME.

Cette dernière classe d’actifs serait favorisée par les initiatives lancées par la Banque européenne d’investissement et la Commission, censées aboutir prochainement. Les analystes de Barclays notent que les régulateurs ont beau souligner l’utilité de la titrisation, «les régulations, telles qu’elles sont proposées actuellement, traitent toujours de façon punitive les ABS». Après les assouplissements annoncés cette année sur le ratio de liquidité de Bâle 3, les analystes espèrent que l’encadrement des banques dans Bâle 3 et des assureurs dans Solvabilité 2, leur sera finalement plus favorable.

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