La Suède est à son tour obligée de s'adapter à la faiblesse de l'inflation

le 18/12/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La banque centrale du pays a réduit son taux directeur de 25 pb, et décalé la date prévue de son premier durcissement monétaire à début 2015

La «forward guidance» se heurte aussi à la désinflation en Suède. Après des mois d’hésitations, la Riksbank a finalement suivi les anticipations de marché et celles du consensus en abaissant son principal taux directeur de 25 pb, pour le ramener à 0,75%. La banque centrale suédoise n’avait pas assoupli ses conditions monétaires depuis décembre 2012, et avait indiqué lors de sa réunion d’octobre que son prochain geste serait une hausse des taux directeurs fin 2014. «L’inflation est restée plus faible qu’attendu, malgré la reprise économique, et les pressions inflationnistes sur l’année qui vient devraient être bien inférieures à ce que nous attendions dans nos plus récentes prévisions d’octobre», a dû reconnaître la Riksbank.

A l’instar des autres pays développés, la hausse des prix à la consommation ajustée des coûts hypothécaires en Suède est restée faible à seulement 0,7% en rythme annuel au mois de novembre. L’objectif de 2% affiché par la banque centrale n’a pas été atteint depuis décembre 2010. En zone euro, l’inflation sous-jacente ne s’est reprise que marginalement à 1% en novembre, alors qu’elle est tombée à 2,1% au Royaume-Uni, son plus faible niveau depuis quatre ans, et est restée stable aux Etats-Unis à un rythme de 1,7%.

La banque centrale suédoise table désormais sur une inflation sous-jacente à 1% en 2014, contre 1,3% prévu en octobre, et 1,8% en 2015, contre 1,9% prévu en octobre. Pour 2016, les prévisions sont restées inchangées à 2%.

Dans ce contexte, la Riksbank a décalé la prévision de son premier durcissement monétaire à début 2015. Le taux de refinancement passerait ainsi à 0,71% fin 2014, soit 44 pb de moins que prévu en octobre, à 1,88% fin 2015 et 2,6% fin 2016. «Le changement des prévisions de hausse du taux de refinancement est plus réaliste, mais il existe un risque qu’elle doive encore décaler la date de son premier durcissement monétaire», estime Mikael Grahn, analyste chez Danske Bank.

Si la banque centrale table sur une accélération de la croissance suédoise, largement tournée vers les exportations, à 2,5% en 2014, 3,7% en 2015 et 2,8% en 2016, Citigroup estime néanmoins qu’«avec une inflation sous-jacente anticipée à 1% en 2014, les marges de manœuvre sont élevées pour un nouvel assouplissement d’ici là».

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