Le repli des Bourses en Europe offre une respiration salutaire

le 18/12/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La correction actuelle des marchés actions européens était inéluctable après une progression de 23% en ligne droite depuis le mois de juin dernier

La chute récente des marchés actions européens permet d’envisager plus sereinement la fin d’année. En effet, on sait qu’historiquement les hausses des marchés actions ne peuvent se faire en ligne droite: statistiquement, cela signifie qu’une respiration d’au moins 5% est salvatrice après une forte hausse, quel que soit l’environnement de marché.

Dans un bull market, celle-ci intervient en moyenne après une hausse de +18,5% ayant duré 72 jours. La progression récente de l’Euro Stoxx de +22,7% sur 114 jours ouvrés s’inscrit typiquement dans cette dynamique et ne pouvait légitimement qu’aboutir à la baisse actuelle. La respiration atteignant historiquement -7,8% dans un bull market, le repli récent de -5% remet ainsi «presque» le compteur à zéro pour permettre d’envisager une fin d’année plus porteuse.

Dans ces conditions, la question de fond est la suivante: restons-nous dans un environnement de bull market sur le Vieux Continent (qui laisserait entrevoir un potentiel de hausse de +18% dans les trois mois à venir) ou sommes-nous entrés dans un marché en forme de tôle ondulée (laissant entrevoir un potentiel de hausse de «seulement» +8%) ? Pour répondre à cette question, il faut se pencher à nouveau sur le cadre monétaire qui entoure les différents marchés financiers internationaux. Et à ce sujet, l’Europe semble moins bien dotée que les autres pays riches (Japon, Etats-Unis et Royaume-Uni).

En effet, la clé de voute de la reflation en cours des marchés actions internationaux repose sur la réponse qu’apportent les banques centrales au besoin de financement public: celles qui impriment des billets de banque libèrent de l’épargne privée qui n’a d’autre choix que de se focaliser sur les marchés actions ou immobiliers. C’est le cas dans toutes les grandes zones économiques sauf… l'Europe.

En se refusant à entrer dans une politique de quantitative easing, la BCE pousse au rééquilibrage naturel de l’allocation de l’épargne dans un contexte de stagnation et de déficits publics: les besoins de financement publics ponctionnent l’épargne privée autrefois captée par les marchés actions ou immobiliers, entraînant ces derniers dans une spirale globalement déflationniste. Dans ces conditions, si l’horizon semble dégagé pour les marchés actions japonais, britanniques ou américains, il nous semble probable que les marchés actions du Vieux Continent soient plutôt entrés dans un environnement de tôle ondulée.

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