L'Irlande trace sa feuille de route pour les sept années à venir

le 18/12/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Grâce au maintien d'une discipline budgétaire et à un retour de la croissance, le gouvernement table sur un léger excédent d'ici à 2018

Donner des gages aux investisseurs tout en levant le pied sur l'austérité. C'est le numéro d'équilibriste auquel se livre le gouvernement irlandais au moment où le pays sort du programme d'aide orchestré par le Fonds monétaire international et l'Union européenne. 

En présentant mardi à Dublin sa feuille de route («Medium Term Economic Strategy 2020») pour les sept ans qui viennent, l'exécutif a tenu à réaffirmer sa détermination à conduire une politique budgétaire responsable, envoyant un nouveau signal à Moody's. L'agence de notation a relevé en septembre dernier la perspective de la note Ba1 de «négative» à «stable».

La feuille de route vise ainsi un retour des finances publiques dans le vert d'ici à 2018. Elle prévoit que le prochain budget, qui comprend 2 milliards d'euros de hausses d'impôts et de baisse des dépenses, soit le dernier marqué par le sceau de l'austérité. Une fois l'objectif d'un déficit sous la barre des 3% du PIB atteint en 2015, une mécanique vertueuse s'enclenchera grâce à «l'application d'une discipline budgétaire prolongée - combinée avec l'impact positif de la croissance économique attendue», prédit le gouvernement.

Celui-ci prévoit de réduire le déficit public à 1% pour 2017 puis entrevoit un léger excédent à partir de 2018. La dette publique devrait chuter à 104% du PIB en 2018 puis à 93% pour 2020 (contre 124% cette année). Ces projections à long terme sont basées sur une croissance du PIB accélérant à 2,8% en 2016 et à 3,5% entre 2017 et 2019. Quant au taux de chômage, qui est redescendu à 12,5% après un pic de 15,1% en 2012, le gouvernement estime qu'il devrait passer sous les 10% d'ici la fin 2016. Il l'attend ensuite à 8,1% d'ici 2020.

«Le peuple irlandais a fait beaucoup de sacrifices pour permettre le redressement de l'Irlande. Nous allons nous assurer que les erreurs du passé ne seront pas répétées», a reconnu le Premier ministre Enda Kenny lors d'une conférence de presse. Mais selon Davy Securities, cette nouvelle stratégie économique à moyen terme «contient peu de substance». «Aussi bien les prévisions à court terme sur la croissance du PIB que celles portant sur les finances publiques sont inchangées par rapport à celles du budget 2014», note le courtier. 

Le gouvernement attend toujours pour cette année une croissance du PIB limitée à 0,2%. Elle devrait ensuite forcir pour atteindre 2% l'année prochaine.

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