Les prix de l'immobilier espagnol devraient poursuivre leur correction

le 17/12/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

La chute, de 37% depuis le pic, s'est interrompue au troisième trimestre, mais les fondamentaux du marché plaident pour une poursuite de la baisse

C’est une première depuis mi-2010. Les prix de l’immobilier résidentiel ont cessé de plonger en Espagne au troisième trimestre, selon les chiffres publiés hier par l’Institut national de la statistique. Ils ont même progressé de 0,7% par rapport au trimestre précédent, tout restant sur un an orientés à la baisse avec un recul de 7,9% entre septembre 2012 et septembre 2013. L’évolution a concerné aussi bien les logements neufs que l’ancien.

L’embellie du troisième trimestre ne suffit pas à faire croire au retournement de tendance. Ce ne serait pas la première fois que les statistiques enverraient des signaux trompeurs, entre la hausse des prix sans lendemain du deuxième trimestre 2010 et le ralentissement de la baisse du dernier trimestre 2012, suivi par un plongeon inédit des prix de 6,6% trois mois plus tard.

Depuis le pic atteint au troisième trimestre 2007, au moment du déclenchement de la crise financière, les prix de l’immobilier en Espagne ont chuté de 37% selon l’INE et de 30% à 40% selon d’autres indices. En Irlande, autre pays affligé d’une bulle, la correction a dépassé 50% avant que les prix ne recommencent à monter cet automne.

Les fondamentaux du marché espagnol n’incitent guère à l’optimisme. Les ventes de logements en octobre ont encore reculé de 10% sur un an et de 4,4% sur un mois. Dans son dernier rapport d’étape sur la réforme du secteur financier, publié le 22 novembre, le FMI relevait la faiblesse des mises en chantier et des constructions neuves, qui représentent moins de 10% des sommets atteints lors de la bulle, et l’existence d’un gros stock de logements à purger. La Sareb, la structure de défaisance publique mise en place pour nettoyer le secteur bancaire, vient par ailleurs tout juste de commencer à lancer la vente de portefeuilles d’actifs immobiliers décotés, un processus qui pèsera sur les prix.

«La profitabilité du secteur bancaire sera affectée dans les années qui viennent par des volumes d’intermédiation encore en baisse et par une pression continue sur la qualité des actifs – notamment parce que les prix de l’immobilier continueront à baisser, l’ajustement du marché ayant ralenti sans être cependant achevé», estimaient hier la BCE et la Commission européenne, en conclusion de leur cinquième revue du programme d’assistance financière à l’Espagne. Un programme qui prendra fin le 23 janvier 2014.

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