L'économie française reste en marge de la reprise européenne

le 17/12/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

L'indice PMI, qui semble moins fiable en 2013, fait état d'un décrochage de l'activité française en décembre par rapport à l'ensemble de la zone euro

Où se situe exactement le curseur sur la santé actuelle de l’économie française? A 47,1 points au mois de décembre, l’indice PMI d’activité du secteur manufacturier français affiche son troisième recul mensuel consécutif et s’enfonce davantage en zone de contraction. Même tendance pour le secteur des services qui a accusé une nouvelle chute pour descendre à seulement 47,4 points. «La France reste à la traîne du processus d’amélioration cyclique, probablement à cause de l’incertitude fiscale», estime ainsi Frederik Ducrozet, économiste chez CA CIB.

Dans le même temps, les autres pays de la zone euro poursuivent leur redressement. L'indice composite pour la zone a progressé de 0,4 point à 52,1. L’indice manufacturier a même atteint 54,8 points, au plus haut depuis près de trois ans, alors que les nouvelles commandes sont revenues à leur niveau de juin 2011. L’indice composite de l’activité outre-Rhin est resté stable à 55,2, creusant l’écart avec le niveau de l’indice français à hauteur de 8,2 points.

Pourtant, la fiabilité de cet indice est remise en cause. Dans le cas de la France, la moyenne des indices mensuels du secteur manufacturier est de 47 points sur l’année 2013, avec un plus haut mensuel de 49,8 points, et de 46,6 points pour le secteur des services, avec seulement deux mois au-dessus du seuil de 50 points. Pourtant, la France devrait afficher une croissance positive de son PIB sur l’année de 0,2%, selon BNP Paribas.

«La taille de l’échantillon, plus petit pour les PMI, est peut-être moins à même de capter certaines spécificités des entreprises françaises (importance du secteur public, et de la demande domestique pour les services)», explique Frederik Ducrozet. D'autres indicateurs avancés pour la France donnent des signaux opposés.

L’OCDE fait état d’une «inflexion positive de la croissance», avec un indicateur avancé en hausse de 0,19% en octobre, et l’enquête de conjoncture de la Banque de France table sur une croissance du PIB réel de 0,5% au dernier trimestre, après une contraction de 0,1% au trimestre précédent. Un chiffre néanmoins optimiste compte tenu de la baisse des dépenses des ménages de 0,2% en octobre, après des reculs de 0,1% en septembre et 0,3% en août, et de 0,3% pour la production industrielle. «La vérité est entre les deux indices», estime Frederik Ducrozet.

A lire aussi