L'Autorité bancaire européenne met à son tour en garde contre le bitcoin

le 16/12/2013 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Sur les traces de la Banque de France, le régulateur critique son caractère spéculatif et l'absence de protection pour le consommateur

Nouvelle mise en garde des régulateurs à l'encontre des monnaies virtuelles. L'Autorité bancaire européenne (EBA) a décidé d'emboîter le pas à la Banque de France et aux autorités chinoises pour prévenir des risques liés à leur utilisation. Dans un communiqué directement adressé aux consommateurs, et nettement centré sur le cas spécifique du bitcoin, elle ne cache pas sa méfiance. L'EBA rappelle que l'utilisateur de monnaies virtuelles peut perdre la totalité des fonds détenus sur les plates-formes, faute d'un système de garantie ou d'une protection juridique.

Le régulateur européen souligne par ailleurs que la monnaie étant stockée dans un «portefeuille numérique» protégé par une clé d'identification ou un mot de passe, elle peut être aussi bien piratée que victime d'une «bourde» de l'utilisateur. Un Britannique s'est ainsi rendu compte avoir jeté récemment un disque dur contenant 7.500 bitcoins et les clés afférentes, soit une perte estimée à plus de 5 millions d'euros au cours actuel.

L'EBA insiste ensuite sur le caractère hautement spéculatif du bitcoin, dont le cours a flucté de 400 dollars à plus de 1.200 dollars au cours des trente derniers jours. «Si la popularité d'une monnaie virtuelle spécifique vient à baisser, par exemple dans le cas où une autre devise virtuelle la supplante, alors il est possible que sa valeur chute fortement et durablement», avertit l'autorité. Dans son rapport publié début décembre, la Banque de France avait pour sa part braqué le projecteur sur l'organisation d'une «pénurie» du bitcoin, la quantité de monnaie étant limitée.

Enfin, l'EBA prévient que même si elles sont publiques, les transactions restent intraçables et fournissent un haut degré d'anonymat. «Il est donc possible que les réseaux de monnaies virtuelles soient utilisés pour des transactions associées à des activités criminelles, dont le blanchiment d'argent», énonce le communiqué. Avec à la clé, le risque d'une fermeture sans préavis des plates-formes. Pour l'EBA, les monnaies virtuelles, bitcoin en tête, ne sont pas loin de s'apparenter au jeu en ligne. «Vous ne devriez pas utiliser de l'argent "réel" que vous ne pouvez pas vous permettre de perdre», conclut-elle à l'intention des consommateurs.

Mais si l'EBA se montre craintive, le gouvernement allemand ou la Réserve fédérale ont accueilli favorablement la monté en puissance du bitcoin, pour la faiblesse des coûts de transactions qu'il offre.

A lire aussi